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Conférence de presse du 8 mai 2019 tenue par le porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Geng Shuang
2019/05/08

À l'invitation du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, le Conseiller d'État et Ministre des Affaires étrangères Wang Yi effectuera une visite officielle en Russie les 12 et 13 mai.

Q : Il a été rapporté que l'appel de l'affaire impliquant le citoyen canadien Schellenberg, condamné à mort en janvier de cette année, serait examiné jeudi. Pourriez-vous confirmer cela ? Des responsables canadiens seront-ils autorisés à être présents au tribunal ?

R : Nous avons répété à plusieurs reprises notre position sur l'affaire Schellenberg. La Chine est un État de droit. Les autorités judiciaires chinoises jugent les affaires en vertu de la loi et garantissent les droits légaux des personnes impliquées dans les procédures concernées conformément à la loi. En ce qui concerne le cas spécifique qui vous intéresse, je vous conseille de vous adresser aux autorités judiciaires.

Q : Le Président iranien Hassan Rouhani a déclaré mercredi que l'Iran suspendrait certains de ses engagements en vertu de l'accord global sur la question nucléaire iranienne, vu le retrait unilatéral américain de l'accord. Quel est le commentaire de la Chine à ce sujet ? Y a-t-il eu des contacts officiels avec l'Iran ?

R : L'accord global sur la question nucléaire iranienne est un accord multilatéral approuvé par le Conseil de Sécurité des Nations Unies. Il devra être mis en œuvre intégralement et efficacement pour son rôle crucial dans le régime international de non-prolifération, ainsi que pour la paix et la stabilité au Moyen-Orient.

La Chine salue l'Iran, qui a rempli jusqu'ici scrupuleusement les engagements découlant de l'accord global sur la question nucléaire iranienne, et s'oppose fermement aux sanctions unilatérales américaines contre l'Iran et à la prétendue « juridiction au bras long ». Nous regrettons les mesures prises par les États-Unis qui ont exacerbé la tension sur le dossier nucléaire iranien.

Le respect et la mise en œuvre de l'accord global sur la question nucléaire iranienne relèvent de la responsabilité de toutes les parties. Nous appelons les parties concernées à faire preuve de retenue et à renforcer le dialogue afin d'éviter une escalade de la tension. La Chine restera en communication avec toutes les parties concernées et poursuivra ses efforts pour maintenir et mettre en œuvre l'accord concerné. Dans le même temps, nous préserverons fermement les droits et intérêts légaux et légitimes des entreprises chinoises.

La Chine a toujours maintenu une communication étroite avec toutes les parties, y compris l'Iran, sur les questions relatives à l'accord global sur la question nucléaire iranienne. Selon les informations dont je dispose, le Vice-Ministre iranien des Affaires étrangères Araghchi a tenu informées aujourd'hui à Téléran les parties concernées par l'accord, y compris la Chine.

Q : La Chambre des représentants américains a adopté hier un projet de loi réaffirmant l'engagement des États-Unis à l'égard de Taiwan, qui sera probablement adopté au Sénat et entrera officiellement en vigueur. La Chine a-t-elle demandé aux États-Unis d'arrêter l'examen du projet de loi en question ?

R : Le projet de loi en question est une violation grave du principe d'une seule Chine et des trois communiqués conjoints sino-américains, et une ingérence flagrante dans les affaires intérieures de la Chine. La Chine s'y oppose résolument et a fait des représentations solennelles auprès des États-Unis.

Nous exhortons les États-Unis à respecter scrupuleusement le principe d'une seule Chine et les trois communiqués conjoints sino-américains pour empêcher le Congrès américain d'examiner et d'adopter le projet de loi concerné, et à gérer de manière appropriée les questions liées à Taiwan pour ne pas nuire sérieusement à la coopération bilatérale dans les domaines importants, à la paix et à la stabilité du détroit de Taiwan.

Q : Lors de la conférence de presse d'hier, vous avez réagi aux commentaires du secrétaire d'État américain Mike Pompeo au sujet de la participation de la Chine aux affaires de l'Arctique et réfuté son accusation. Nous avons remarqué que, dans son discours, le secrétaire d'État Pompeo a également parlé d'une augmentation significative des émissions de dioxyde de carbone en Chine, tout en affirmant que les États-Unis sont le leader mondial en matière de protection de l'environnement. Avez-vous d'autres commentaires à faire à ce sujet ?

R : J'ai réagi hier aux accusations sans fondement d'un certain Américain concernant la participation de la Chine dans les affaires de l'Arctique. Je ne vois pas le besoin de répéter cela.

En ce qui concerne le changement climatique et la protection de l'environnement, mentionnés par la partie américaine, j'aimerais souligner que le rôle important de la Chine dans la signature et l'entrée en vigueur de l'Accord de Paris a été hautement salué et apprécié par la communauté internationale. En revanche, le monde sait clairement qui s'est retiré de l'Accord de Paris et qui a empêché la coopération internationale dans la lutte contre le changement climatique.

Selon les médias, en raison du désaccord des États-Unis avec d'autres pays membres sur le changement climatique, la 11e réunion ministérielle du Conseil de l'Arctique n'est pas parvenue à une déclaration commune, une première en 23 ans d'histoire dudit Conseil. La Chine le regrette.

Compte tenu de sa situation géographique unique et de son écologie fragile, l'Arctique est particulièrement vulnérable au changement climatique et au réchauffement planétaire. Gérer adéquatement la question du changement climatique est d'une importance vitale pour la protection de l'environnement et le développement durable dans l'Arctique. La Chine fait progresser la conservation écologique et coopère activement avec d'autres pays pour faire face au changement climatique. Les mesures de réduction des émissions prises par la Chine ont donné des effets positifs sur le climat et l'environnement écologique de l'Arctique. Nous continuerons à travailler avec les parties concernées pour consolider le consensus politique, renforcer les échanges et la coopération et relever efficacement les défis du changement climatique dans l'Arctique.

Q : Vous venez d'annoncer la visite du Conseiller d'État et Ministre des Affaires étrangères Wang Yi en Russie. Pouvez-vous présenter le but et les thèmes de sa visite ?

R : Conformément au mécanisme d'échange de visites annuelles entre la Chine et la Russie, le Conseiller d'État et Ministre des Affaires étrangères Wang Yi effectuera une visite officielle en Russie. Au cours de sa visite, il rencontrera les dirigeants russes et s'entretiendra avec le Ministre des Affaires étrangères M. Lavrov, pour discuter des dispositions relatives aux activités importantes des deux Chefs d'État et à la célébration du 70e anniversaire de l'établissement des relations diplomatiques entre les deux pays, et procédera à un échange de vues sur les questions d'actualité brûlante internationale et régionale d'intérêt commun.

Nous avons la certitude que cette visite permettra de mettre en œuvre énergiquement les résultats de la rencontre des deux Chefs d'État à Beijing en avril dernier, de promouvoir la coopération bilatérale dans différents domaines et de renforcer la coordination stratégique entre les deux pays dans les affaires internationales, ceci afin de contribuer activement à faire progresser davantage les relations bilatérales au cours de cette année significative.

Q : Une institution du Congrès américain a publié un rapport affirmant que le projet révisé de l'ordonnance sur les criminels fugitifs de Hong Kong, une fois adopté, fournirait un puissant outil juridique au gouvernement central, ce qui rendra Hong Kong plus vulnérable à la contrainte exercée par le gouvernement central. Quelle est la réaction de la Chine à cela ?

R : Hong Kong est une région administrative spéciale de la République populaire de Chine. Les affaires de Hong Kong relèvent purement des affaires intérieures de la Chine. Nous nous opposons fermement à toute tentative étrangère de s'ingérer dans les affaires de Hong Kong.

Q : Vous avez répondu hier à des questions sur les négociations commerciales sino-américaines. J'ai une question supplémentaire à ce sujet. Auparavant, la Chine avait souvent imposé des droits de douane supplémentaires en tant que contre-mesure aux États-Unis. Pourquoi y a-t-il eu ce changement de stratégie cette fois-ci ?

R : Je ne sais pas comment vous en êtes arrivé à cette conclusion. En répondant aux questions concernées il y a quelques jours, j'ai été très clair sur le fait que ce n'est pas la première fois que les États-Unis font de telles menaces. Nous avons exprimé notre position et notre attitude à plusieurs reprises et elles restent claires et inchangées.

Q : Quelles sont les différences dans les négociations commerciales sino-américaines selon la partie chinoise ? Quelles seront les revendications de la Chine pendant ce tour de consultations et quels sujets devraient être abordés ?

R : Vous avez sûrement manqué les dernières conférences de presse, car j'ai déjà répondu à des questions similaires à plusieurs reprises. Ma réponse est la suivante : pour des détails sur les consultations économiques et commerciales, je vous invite à vous adresser au département compétent.

Ce que je peux vous dire, c'est que nous espérons que les États-Unis travailleront avec la Chine pour agir dans le même sens, tenir compte des préoccupations légitimes de l'une et de l'autre parties et s'efforcer de parvenir à un accord mutuellement bénéfique sur la base du respect mutuel et de l'égalité. Cela est dans l'intérêt des deux parties et constitue également l'attente partagée de la communauté internationale.

Q : J'ai aussi une question sur les négociations commerciales sino-américaines. Les États-Unis se sont plaints du fait que la Chine avait régressé sur certaines des dispositions convenues, notamment s'agissant des modifications du texte sur la protection de la propriété intellectuelle, le transfert de technologies, etc. Pouvez-vous confirmer cela ?

R : Comme je l'ai dit plus tôt, pour des détails sur les consultations économiques et commerciales, vous devriez vous renseigner auprès du département compétent qui est le mieux placé pour répondre à votre question. Je ne ferais que vous donner une réponse de principe pour exposer notre position et notre attitude.

Quant à la soi-disant régression de la position chinoise, j'ai donné ma réponse hier, et je peux la répéter aujourd'hui. Il est normal d'avoir des divergences lors d'une négociation qui, par définition, est un processus de discussion. La partie chinoise ne cherchera pas à laisser tomber les divergences et fait preuve de sincérité dans la poursuite des consultations.

Q : Federica Mogherini, la haute représentante de l'Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, a déclaré que le « groupe de contact international » sur la question vénézuélienne avait décidé d'établir des contacts avec le « groupe de Lima », les pays de la Communauté des Caraïbes, Cuba, la Chine et la Russie, afin de créer un environnement favorable à la résolution de la crise politique du Venezuela. Quel est le commentaire de la Chine à ce sujet ?

R : Sur la question du Venezuela, la Chine a pour point de départ le respect de la Charte des Nations Unies et les normes fondamentales régissant les relations internationales. Nous insistons pour que cette question soit résolue par le biais d'un dialogue politique inclusif et de consultations indépendantes par les milieux gouvernementaux et non gouvernementaux du Venezuela dans le cadre de la constitution. Nous nous opposons aux ingérences extérieures et aux sanctions unilatérales.

La Chine a pris note de la tenue de la troisième réunion du « groupe de contact international » sur le Venezuela et apprécie la prise de position de l'UE. La Chine, l'UE et de nombreux autres pays partagent une importante communauté de vues sur le Venezuela. Tous soutiennent le règlement politique par le biais d'un dialogue inclusif et s'opposent à une intervention militaire. Personne ne veut voir la perte du contrôle de la situation au Venezuela affecter la paix et la stabilité dans la région. La Chine entend intensifier la communication avec la communauté internationale, y compris l'UE, et jouer de concert un rôle constructif en vue d'un règlement politique. Cela est dans l'intérêt du peuple vénézuélien et de toutes les parties.

Q : Pouvez-vous nous dire quand le Vice-Premier Ministre Liu He arrivera à Washington ? Quand reviendra-t-il ? Qui l'accompagnera ?

R : Le porte-parole du Ministère chinois du Commerce a publié hier des informations y relatives. À l'invitation de la partie américaine, Liu He, membre du Bureau politique du Comité central du Parti communiste chinois, Vice-Premier Ministre du Conseil des Affaires d'État et coordinateur chinois pour le dialogue économique américano-chinois, se rendra aux États-Unis pour le 11e tour de consultations économiques et commerciales les 9 et 10 mai.

Q : La Commission de révision économique et de sécurité sino-américaine a publié hier un rapport sur la révision du projet de loi sur les criminels fugitifs de Hong Kong. Le rapport indique que si la révision du projet est officiellement adoptée, Hong Kong serait rendue plus vulnérable sur le plan politique et économique par Beijing. La Chine a-t-elle des commentaires à faire à ce sujet ?

R : Comme je l'ai dit tout à l'heure, nous nous opposons fermement à toute ingérence étrangère dans les affaires de Hong Kong, car celles-ci sont purement des affaires intérieures de la Chine.

La commission dont vous avez parlé est toujours imbue de préjugés concernant la Chine. Ses soi-disant rapports et commentaires ne méritent même pas d'être réfutés.

Q : Une autre question sur l'Iran. Vous avez dit que le Vice-Ministre iranien des Affaires étrangères avait informé les chefs de la diplomatie concernés de sa décision d'arrêter de remplir certaines de ses obligations en vertu de l'accord global sur la question nucléaire iranienne. Certaines personnes estiment que la communauté internationale devrait peut-être reconsidérer les sanctions contre l'Iran. Quel est le commentaire de la Chine à ce sujet ?

R : Je viens d'expliquer la position de la Chine. La mise en œuvre fidèle par l'Iran, jusqu'à présent, de l'accord global sur la question nucléaire iranienne a été reconnue par tous. Dans les circonstances actuelles, il incombe à toutes les parties de préserver et de mettre en œuvre l'accord en question. Nous appelons les parties concernées à faire preuve de retenue et à renforcer le dialogue afin d'éviter une escalade de la tension. La Chine maintiendra la communication avec toutes les parties concernées et poursuivra ses efforts pour préserver et mettre en œuvre ledit accord.

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