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Conférence de presse du 14 mai 2019 tenue par le Porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Geng Shuang
2019/05/14

Sur invitation du Vice-Président Wang Qishan, le Vice-Président de la République fédérative du Brésil, Antonio Hamilton Martins Mourão, effectuera une visite officielle en Chine du 19 au 24 mai et coprésidera avec le Vice-Président Wang Qishan la cinquième réunion du Comité de coordination et de coopération de haut niveau entre la Chine et le Brésil.

Q : Ma question est similaire à celle d'hier. Le Président Donald Trump a déclaré hier qu'il envisageait de rencontrer le Président Xi Jinping en marge du sommet du G20 prévu le mois prochain au Japon. Le Président Xi envisage-t-il une rencontre avec le Président Trump ?

R : Ma réponse est la même qu'hier. Les deux chefs d'Etat restent toujours en contact par divers moyens. En ce qui concerne votre question spécifique, je n'ai aucune information à vous communiquer pour le moment.

Q : La Chine a annoncé que Li Zhanshu, Président du Comité permanent de l'Assemblée populaire nationale (APN), effectuerait des visites officielles en Norvège, en Autriche et en Hongrie du 15 au 24 mai. Cette année, le Président Xi Jinping et le Premier ministre Li Keqiang ont tous les deux choisi l'Europe pour leurs premières visites à l'étranger, et il en va de même pour le Président du Comité permanent de l'APN. Pourquoi la Chine attache-t-elle tant d'importance à l'Europe dans sa diplomatie ? Ou est-ce simplement une coïncidence ?

R : Merci pour votre vif intérêt pour la diplomatie chinoise. En effet, cette année, le Président Xi Jinping, le Premier ministre Li Keqiang et le Président du Comité permanent de l'APN Li Zhanshu ont tous choisi l'Europe comme destination pour leurs premières visites à l'étranger. Cela montre la grande importance que la Chine attache à l'Europe sur le plan diplomatique et reflète les interactions étroites et la dynamique de la coopération entre les deux parties.

En tant que deux forces majeures, deux grands marchés et deux grandes civilisations du monde, la Chine et l'Europe ont vu leurs intérêts, positions et objectifs communs se multiplier au cours des dernières années, alors que leurs relations sont devenues plus stables, mutuellement bénéfiques et stratégiques. La Chine et l'Europe soutiennent toutes les deux le multilatéralisme, défendent les normes fondamentales régissant les relations internationales fondées sur les objectifs et les principes de la Charte des Nations unies, soutiennent la construction d'une économie mondiale ouverte et le système commercial multilatéral fondé sur des règles, et s'opposent à l'unilatéralisme et au protectionnisme commercial. C'est un choix stratégique que nous avons fait face à une situation internationale instable et qui témoigne de notre sens des responsabilités envers la société humaine.

Face à la situation internationale complexe à l'heure actuelle, la Chine et l'Europe doivent renforcer davantage la communication et la coopération, faire progresser leur partenariat pour la paix, la croissance, la réforme et la civilisation et conjuguer les efforts pour relever les défis mondiaux, afin de donner plus d'énergie positive au monde d'aujourd'hui et de renforcer davantage sa stabilité.

Q : Une question sur la guerre commerciale sino-américaine. Il semble que les Etats-Unis aient l'intention d'augmenter les droits de douane sur tous les produits chinois. La Chine a-t-elle confiance en sa victoire dans la guerre commerciale ?

R : Comme nous l'avons clairement indiqué à maintes reprises, l'augmentation des droits de douane ne résoudra aucun problème. En déclenchant une guerre commerciale, on nuit non seulement aux autres, mais nuit également à soi-même. La Chine ne veut pas de guerre commerciale, mais ne craint en aucun cas de la mener. Si quelqu'un lance une guerre commerciale contre nous, nous nous battrons jusqu'au bout. La Chine ne succombe jamais sous la pression externe. Nous avons la détermination et la capacité de défendre nos droits et intérêts légitimes.

En avril 2018, les Etats-Unis ont déclaré pour la première fois qu'ils augmenteraient les droits de douane sur des produits chinois, et la Chine a immédiatement réagi avec vigueur. Depuis lors, la partie américaine n'a pas cessé de renouveler ses menaces en mettant en application à maintes reprises des mesures d'augmentation des droits de douane. Pour sa part, la partie chinoise a pris des contre-mesures sans délai.

La semaine dernière, les Etats-Unis ont menacé de hausser de 10 à 25 % les droits de douane sur 200 milliards de dollars de marchandises chinoises entrant dans leur territoire, ce qui a suscité de vives réactions au sein de la communauté internationale et provoqué de fortes fluctuations sur les marchés financiers. La Chine a déclaré au monde que ce n'était pas la première fois que les Etats-Unis brandissaient une telle menace. La position de la Chine est claire et les Etats-Unis en sont bien conscients. Nous avons appelé les Etats-Unis à changer de cap et à faire des efforts concertés avec la Chine pour parvenir à un accord mutuellement bénéfique. La communauté internationale a vivement félicité la Chine pour son sang-froid et son attitude constructive.

Par la suite, la délégation chinoise s'est toujours rendue aux Etats-Unis pour les consultations économiques et commerciales. Par de telles actions responsables, nous avons fait preuve de notre plus grande sincérité pour promouvoir le règlement des différends. Cependant, certains aux Etats-Unis semblent avoir mal évalué la situation actuelle et sous-estimé la détermination et la volonté de la Chine de défendre ses droits et intérêts, en continuant de brouiller les cartes et de faire des demandes impossibles. Il est naturel que la Chine s'y oppose.

Le 10 mai, les Etats-Unis ont officiellement annoncé leur décision de relever à 25 % les droits de douane sur 200 milliards de dollars de marchandises chinoises. Hier, la Commission des droits de douane du Conseil des Affaires d'Etat a annoncé les mesures que la Chine prendrait, ce qui reflète la détermination et la volonté de la Chine de défendre le système commercial multilatéral, ainsi que ses droits et intérêts légitimes.

Face aux Etats-Unis, qui font volte-face et cherchent à exercer une pression extrême, la Chine garde toujours son sang-froid. Nous conseillons aux Etats-Unis de répondre à l'appel de la communauté internationale et des personnalités de divers milieux, d'évaluer soigneusement ses gains et ses pertes, de se faire une idée claire de la situation et de se remettre sur la bonne voie dans les meilleurs délais. Nous conseillons aux Etats-Unis de faire des efforts concertés avec la Chine pour parvenir à un accord mutuellement bénéfique sur la base du respect mutuel.

Q : Selon les médias, le Président américain Donald Trump a déclaré sur Twitter que la Chine avait retiré certains de ses engagements alors que les négociations économiques et commerciales avaient abouti à 95 %. Selon certains commentateurs, les propos de la partie américaine laissent entendre que le retour en arrière de la Chine a entraîné les revers actuels des négociations économiques et commerciales. La Chine a-t-elle des commentaires à faire à ce sujet ?

R : Le porte-parole du Ministère chinois du Commerce a répondu à des questions similaires la semaine dernière. Je voudrais faire ici quelques brefs éclaircissements.

Premièrement, la négociation elle-même est un processus de discussion, et il est normal pour les deux parties d'avoir des divergences lors d'une négociation. C'est justement en raison de l'existence des divergences que nous devons poursuivre les consultations. Alors que les consultations sont en cours et qu'un accord n'est pas encore conclu, comment peut-on reprocher à l'autre de ne pas respecter ses engagements ?

Deuxièmement, si vous consultez la couverture médiatique des 11 derniers cycles de consultations économiques et commerciales, vous verrez clairement qui a fait volte-face tout ce temps-là. En mai dernier, la Chine et les Etats-Unis sont parvenus à un consensus sur les questions économiques et commerciales et ont publié une déclaration commune à Washington. Mais à peine quelques jours plus tard, les Etats-Unis ont abandonné l'accord. En décembre dernier, les deux parties sont parvenues à un consensus sur la valeur des achats de la Chine auprès des Etats-Unis, mais lors des négociations qui ont suivi, la partie américaine a posé ses conditions. Ce n'est jamais la Chine qui fait marche arrière et enfreint ses engagements.

Troisièmement, il faut les efforts conjoints des deux parties pour parvenir à un accord. La Chine honore toujours ses promesses et a fait preuve de la plus grande sincérité et de sa bonne volonté au cours des consultations. Nous espérons que les Etats-Unis pourront faire des efforts concertés avec nous pour parvenir à un accord mutuellement bénéfique dans un esprit de respect mutuel, d'égalité et de bonne foi.

Q : Deux questions sur le commerce entre la Chine et les Etats-Unis. Premièrement, le gouvernement américain a annoncé qu'il commencerait à imposer des droits de douane supplémentaires sur des marchandises chinoises d'une valeur de 300 milliards de dollars. La Chine va-t-elle prendre de nouvelles contre-mesures en réponse ? Deuxièmement, pourriez-vous nous en dire plus sur la mise en œuvre du prochain cycle de négociations économiques et commerciales ?

R : Je viens de réagir à la menace américaine d'imposer des droits de douane supplémentaires sur plus de 300 milliards de dollars de produits chinois. Nous espérons que les Etats-Unis ne se méprendront pas sur la situation et ne sous-estiment pas la détermination et la volonté de la Chine de protéger ses droits et intérêts. Ce qui s'est passé dans le passé a prouvé un fait simple : la Chine ne veut pas de guerre commerciale, mais ne craint en aucun cas de la mener. Si quelqu'un lance une guerre commerciale contre nous, nous nous battrons jusqu'au bout.

Concernant votre deuxième question, je vous conseille de vous informer auprès des départements compétents en ce qui concerne la mise en œuvre spécifique des consultations sino-américaines.

Q : Selon des reportages, les Etats-Unis ont affirmé que la Chine serait très durement touchée si un accord n'était pas conclu, car les entreprises étrangères seraient obligées de déménager dans d'autres pays. La Chine est-elle d'accord avec cela ? Est-elle préoccupée par cela ?

R : Les Etats-Unis n'ont pas du tout besoin de s'inquiéter pour la Chine.

En Chine, au cours des quatre dernières décennies de réforme et d'ouverture, d'énormes progrès ont été réalisés en matière de développement économique et social. Alors que l'environnement des investissements étrangers ne cesse de s'améliorer, la Chine est devenue l'une des destinations les plus privilégiées par les entreprises étrangères depuis de nombreuses années.

J'ai ici quelques statistiques récentes. Selon le rapport Doing Business 2019 de la Banque mondiale, la Chine a gagné plus de 30 places dans le classement de la facilité à faire des affaires. Selon le rapport sur le climat des affaires 2019 publié par la Chambre de commerce américaine en Chine, environ 80 % des entreprises interrogées ont déclaré que l'environnement des investissements en Chine s'améliorait ou restait inchangé. 62 % d'entre elles ont considéré la Chine comme étant la première destination ou parmi les trois premières destinations d'investissement au monde. Les dernières statistiques des départements compétents chinois montrent que le nombre d'entreprises étrangères nouvellement créées en Chine en 2018 a dépassé les 60 000, en hausse de 69,8 % en glissement annuel.

Il convient de souligner en particulier que, malgré les menaces des Etats-Unis d'imposer des droits de douane supplémentaires sur les produits chinois au cours de l'année écoulée, la plus grande société pétrolière américaine, Exxon Mobil, a quand même décidé de mettre en place un grand projet pétrochimique en propriété exclusive en septembre dernier. En janvier dernier, la société américaine Tesla a officiellement lancé la construction de sa première usine d'outre-mer à Shanghai.

Lorsqu'elles choisissent des destinations d'investissement et des partenaires commerciaux, les entreprises prennent leurs décisions en fonction de leurs propres intérêts et des principes du marché, plutôt que de paroles vides de certaines personnes. Si vous voulez savoir si le climat des affaires en Chine est bon et s'il est rentable de faire des affaires ici, il suffit de regarder les entreprises étrangères, dont celles des Etats-Unis en Chine. Elles ont déjà manifesté leur attitude favorable par des actions concrètes.

Enfin, je tiens à souligner que la Chine encourage les entreprises étrangères à accroître leurs investissements dans le pays et que nous continuerons à favoriser un environnement d'investissements et d'affaires plus stable, équitable, transparent et prévisible pour elles. Lors de la cérémonie d'ouverture du deuxième Forum « Ceinture et Route » pour la coopération internationale, le Président Xi Jinping a annoncé que la Chine prendrait une série de mesures importantes de réforme et d'ouverture pour promouvoir une ouverture de plus haut niveau. Nous élargirons l'accès au marché en faveur d'investissements étrangers, augmenterons l'importation de biens et de services et appliquerons scrupuleusement les politiques d'ouverture. Cela offrira sûrement de nouvelles opportunités aux entreprises du monde entier d'investir et de faire des affaires en Chine, et contribuera au maintien du système de libre-échange et à la promotion de la croissance du commerce mondial.

Q : Un responsable chinois des médias a déclaré hier sur les réseaux sociaux que la Chine pourrait cesser d'acheter des produits agricoles américains, de l'énergie américaine et des avions Boeing, et réduire considérablement le commerce de services américains. Par ailleurs, des universitaires chinois discutent de la possibilité et des détails de mise en œuvre de la vente de bons du Trésor américain. Cela reflète-t-il l'opinion du gouvernement chinois ?

R : Des questions similaires sont souvent posées lors de notre conférence de presse. Je pense que vous connaissez bien notre position de principe. En règle générale, nous ne répondons pas aux opinions, ni aux commentaires des experts, des universitaires, des médias et des groupes de réflexion.

Je veux seulement souligner que la Chine ne veut pas de guerre commerciale, mais ne craint en aucun cas de la mener. Nous avons la détermination et la capacité de défendre nos droits et intérêts légitimes. Nous conseillons aux Etats-Unis d'avoir une conscience claire de la situation actuelle, de revenir sur la bonne voie et de faire des efforts concertés avec la partie chinoise pour parvenir à un accord mutuellement avantageux sur la base du respect mutuel, de l'égalité et de la bonne foi.

Q : Vu les commentaires sur l'augmentation des droits de douane émanant des Etats-Unis et ce que vous avez dit aujourd'hui, peut-on dire que les consultations économiques et commerciales sino-américaines ont abouti à une impasse ou sont au point mort ?

R : Nous avons publié des informations pertinentes à l'issue du 11e cycle de consultations. D'après ce que je comprends, les deux parties ont convenu de poursuivre les consultations. Les approches pertinentes doivent être décidées lors de futures consultations. Je vous conseille de vous informer auprès des départements compétents pour plus de détails.

Q : Wang Yang, Membre du Comité permanent du Bureau politique du Comité central du PCC et Président du Comité national de la CCPPC, a prononcé un discours devant les médias taïwanais lors du quatrième Sommet de Beijing des médias des deux rives du détroit. Avez-vous des commentaires à faire sur ses remarques ?

R : Est-ce une question diplomatique ? (Le journaliste a ri.)

Alors, je vous conseille de vous informer auprès du Bureau des Affaires de Taiwan du Conseil des Affaires d'Etat.

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