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Conférence de presse du 3 juin 2019 tenue par le porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Geng Shuang
2019/06/03

Q : Le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a réaffirmé, dans le dernier rapport trimestriel soumis le 30 mai, que l'Iran s'était conformé à l'accord général sur la question nucléaire iranienne. La Chine a-t-elle des commentaires à faire à ce sujet ?

R : La Chine a noté le rapport du directeur général de l'AIEA confirmant pour la 15e fois consécutive que l'Iran continue à respecter l'accord général sur la question nucléaire iranienne et coopère pleinement avec l'AIEA, et que cette dernière poursuivra la surveillance et la vérification avec une attitude objective et neutre. La Chine en exprime sa haute appréciation.

Pendant un certain temps, confrontées à des tensions provoquées par la « pression maximale » et les sanctions unilatérales imposées par les États-Unis, les parties signataires de l'accord général sur la question nucléaire iranienne ont maintenu une communication et des consultations étroites. Toutes les parties ont souligné leur engagement à défendre et à mettre en œuvre l'accord concerné et à s'acquitter de leurs devoirs et obligations respectifs. L'application complète et efficace de l'accord est à la fois une exigence des résolutions du Conseil de Sécurité et le seul moyen réaliste et efficace d'atténuer les tensions et de résoudre le problème nucléaire iranien, ce qui est dans l'intérêt commun de la communauté internationale. La Chine continuera à travailler avec toutes les parties concernées à cette fin et à défendre fermement ses propres droits et intérêts légitimes.

Q : Dans son discours liminaire prononcé lors de la cérémonie d'ouverture du Dialogue Shangri-La 2019, le Premier Ministre de Singapour Lee Hsien Loong a déclaré que les pays devaient accepter que la Chine continue de se développer et de se renforcer, et qu'il n'était ni possible ni raisonnable d'empêcher cela. Quel est votre commentaire à ce sujet ?

R : Nous apprécions la prise de position du Premier Ministre Lee Hsien Loong. Nous avons également noté sa déclaration faite dans son discours liminaire selon laquelle la croissance de la Chine représentait des avantages considérables, tant pour elle-même que pour le monde. La Chine souhaite avoir droit à la parole dans l'élaboration des nouvelles règles, ce qui est tout à fait légitime. Comme le Premier Ministre Lee Hsien Loong l'a déclaré, il n'est ni raisonnable ni réaliste d'attendre que chaque pays adopte les mêmes valeurs culturelles et le même régime politique. En fait, la force de l'humanité est née de sa diversité.

Les différentes parties ont mené de nombreuses discussions sur le développement de la Chine et la coopération régionale lors du présent Dialogue Shangri-La. Nous pensons que le discours du Premier Ministre Lee Hsien Loong reflète les souhaits communs des pays de la région, soit le développement pacifique, la coopération gagnant-gagnant, l'ouverture, l'inclusion et les échanges entre les civilisations, plutôt que la confrontation et les conflits, la mentalité de jeu à somme nulle, l'exclusivité et le choc des civilisations. C'est aussi ce que la Chine soutient depuis toujours. Nous espérons que ces vues objectives, justes, rationnelles et pragmatiques pourront être partagées par un plus grand nombre de personnes, pour que les mensonges et les propos absurdes, à la fois obstinés et étroits, n'aient pas d'audience.

Q : Selon des médias chinois, la Chine mettra en garde les étudiants chinois pour les prévenir des risques liés à des études aux États-Unis. Pouvez-vous nous dire si cela est vrai ?

R : Depuis ces derniers temps, les États-Unis ont posé des barrières inutiles aux échanges socioculturels sino-américains normaux, y compris aux étudiants chinois qui envisagent d'étudier aux États-Unis, ce à quoi s'opposent les milieux éducatifs et les étudiants des deux pays.

En ce qui concerne les mesures que la Chine va prendre, vous pouvez suivre de près la situation.

Q : Le Ministre chinois de la Défense Wei Fenghe a déclaré dimanche dernier, lors du Dialogue Shangri-la à Singapour, que si quelqu'un ose séparer Taiwan de la Chine, l'armée chinoise n'aura d'autre choix que de se battre à tout prix. Est-ce que cela signifie que la Chine estime que la situation dans le détroit de Taiwan se détériore en ce moment ? Si tel est le cas, quels sont les facteurs ayant entraîné une telle situation ?

R : Premièrement, la prise de position de Wei Fenghe, Conseiller d'État et Ministre de la Défense, sur la question de Taiwan, a clairement exposé la position de la Chine, qui a toujours été constante et ferme.

Deuxièmement, la prise de position de Wei Fenghe constitue une réaction aux propos erronés sur les questions liées à Taiwan formulés par le Secrétaire américain à la Défense par intérim, Shanahan, lors du Dialogue Shangri-La.

Troisièmement, il n'y a qu'une seule Chine dans le monde, et Taiwan fait partie intégrante de la Chine, voilà un consensus de la communauté internationale.

Quatrièmement, la Chine a la détermination, la volonté et la capacité de réaliser la réunification complète du pays.

Q : Le 1er juin, lors du Dialogue Shangri-La, le Secrétaire américain à la Défense par intérim, Shanahan, a prononcé un discours sur la stratégie américaine dans la région indo-pacifique. Quel est le commentaire de la Chine à ce sujet ?

R : La recherche de la paix, de la coopération, du développement et des bénéfices gagnant-gagnant représente une tendance irrésistible de notre époque, et un souhait commun des peuples du monde entier. Toute idée de coopération régionale avancée par tout pays doit être conforme à cette tendance et à la volonté des peuples, sinon elle n'aura pas de soutien universel. Accentuer les traits militaires, exagérer la confrontation et la compétition ne fera que soulever une pierre pour se la laisser retomber sur les pieds. Nous espérons que les États-Unis pourront, en tenant compte de leurs propres intérêts et des intérêts communs des pays de la région, contribuer davantage à la paix, à la stabilité et au développement de la région.

Q : Le 1er juin, FedEx a déclaré pour la première fois qu'elle coopérerait aux enquêtes réglementaires. Le 2 juin, le directeur du Bureau national de la Poste chinoise a indiqué que FedEx avait gravement enfreint la réglementation chinoise sur le service de livraison, ainsi que les droits et intérêts légitimes des clients. Avez-vous une nouvelle réaction à ce sujet ?

R : Nous avons noté la déclaration de FedEx. Le responsable du Bureau national de la Poste chinoise a accordé une interview à la presse à ce sujet, veuillez consulter les informations en ligne.

En tant que porte-parole du Ministère chinois des Affaires étrangères, je peux vous dire que la porte de la Chine est grande ouverte à toutes les entreprises étrangères qui souhaitent investir et se développer dans notre pays. Mais pendant leurs opérations en Chine, elles doivent respecter les lois et réglementations chinoises et protéger les droits et intérêts légitimes des entreprises et des consommateurs chinois.

Q : Selon les médias, le 1er juin, le Département américain de la Défense a publié son premier rapport de stratégie indo-pacifique sur son site web officiel, qualifiant la Chine de « puissance révisionniste » compromettant le système international. Avez-vous des commentaires à faire à ce sujet ?

R : Il est totalement inacceptable que le Département américain de la Défense lance des accusations sans fondement contre la Chine dans son rapport sur la « stratégie indo-pacifique ». Les étiquettes de soi-disant « puissance révisionniste » et de destruction du système international ne peuvent être collées à la Chine.

La Chine a toujours maintenu l'ordre international. Nous sommes le premier pays à avoir signé la Charte des Nations Unies. Nous avons adhéré à plus de 100 organisations internationales intergouvernementales et avons signé plus de 500 accords multilatéraux. Nous avons fourni le plus grand nombre de missions de maintien de la paix parmi les cinq membres permanents du Conseil de Sécurité des Nations Unies. Nous continuerons de défendre l'ordre international et le système international centrés autour des buts et principes de la Charte des Nations Unies.

En revanche, ayant toujours les règles et l'ordre à la bouche, les États-Unis n'ont jamais cessé de pratiquer l'unilatéralisme, le protectionnisme et l'intimidation, se sont retirés de l'accord de Paris signé par plus de 190 pays, de l'accord général sur la question nucléaire iranienne approuvé par le Conseil de Sécurité des Nations Unies, et d'organisations internationales telles que l'UNESCO et le Conseil des droits de l'homme des Nations Unies. En tant que membre important de l'OMC, les États-Unis ont enfreint de manière flagrante les règles commerciales multilatérales et brandi maintes fois la matraque fiscale. Par conséquent, la communauté internationale voit clairement qui se sert des règles et institutions internationales quand cela leur convient, et qui les abandonne quand cela ne leur convient pas.

Nous conseillons à certaines personnalités américaines de faire face à la réalité, d'arrêter de ternir l'image de la Chine et de consacrer leur pensée et leur énergie à la promotion de la paix, de la stabilité et du développement de la région et du monde.

Q : Selon les médias, les comptes Twitter de nombreux « dissidents » ont été bloqués. Compte tenu de la date sensible, on suppose que cela est lié à des pressions de la part de la Chine. Le sénateur américain Rubio a déclaré que Twitter était devenu un censeur pour le gouvernement chinois. La Chine a-t-elle fait pression sur Twitter pour bloquer les comptes des dissidents ? Quelle est votre réaction à ce sujet ?

R : Vous auriez dû poser la question à Twitter. Autant que je sache, Twitter a déjà répondu à cela.

Q : Une autre question sur le dossier nucléaire iranien. Comme nous l'avons noté, le Secrétaire d'État américain Pompeo a déclaré hier que les États-Unis étaient prêts à engager un dialogue sans conditions préalables avec l'Iran. Le Président iranien Rohani a laissé entendre que l'Iran serait disposé à dialoguer si Washington lui montrait du respect, mais que Téhéran ne participerait pas au dialogue sous la pression. Quel est votre commentaire à ce sujet ?

R : Nous avons remarqué les dernières déclarations des États-Unis et de l'Iran concernant d'éventuelles discussions entre eux. Comme nous l'avons répété à maintes reprises, les conflits et les affrontements ne nous mèneront nulle part, alors que le dialogue et la consultation sont la seule issue correcte.

Encore une fois, nous appelons toutes les parties à faire preuve de retenue, à intensifier le dialogue et à faire de leur mieux pour soutenir et faire respecter l'accord général sur la question nucléaire iranienne. L'application intégrale et effective de l'accord est à la fois une exigence des résolutions du Conseil de Sécurité, et le seul moyen réaliste et efficace d'atténuer les tensions et de résoudre le problème nucléaire iranien, ainsi que l'attente commune de la communauté internationale.

Q : Nous avons noté que, lors de sa visite en Allemagne, le Vice-Président Wang Qishan a rencontré des dirigeants allemands. Ont-ils parlé des frictions commerciales sino-américaines ? Sa visite jouera-t-elle un rôle actif permettant à la Chine de faire face à la guerre commerciale déclenchée par les États-Unis ?

R : Autant que je sache, la délégation conduite par le Vice-Président Wang Qishan a regagné Beijing après avoir terminé sa visite en Allemagne. Pendant la visite, le Vice-Président Wang Qishan a rencontré le Président Steinmeier, la Chancelière Angela Merkel et le Ministre des Affaires étrangères Maas. Les deux parties ont procédé à des échanges de vues approfondis sur les relations bilatérales et les questions régionales et internationales d'intérêt commun.

Les deux parties sont parvenues à un consensus fondamental. Face à la situation complexe et incertaine, la Chine et l'Allemagne doivent poursuivre ensemble le multilatéralisme et l'ordre international actuel, et s'opposer aux actes sabotant l'ordre actuel et abusant de sanctions. La Chine et l'Allemagne sont toutes deux de fervents partisans, défenseurs et promoteurs du multilatéralisme.

Q : Le sénateur américain Cory Gardner, président de la sous-commission des relations étrangères du Sénat américain sur l'Asie-Pacifique, a récemment déclaré qu'il espérait inviter Tsai Ing-wen à prendre la parole devant le Congrès américain et qu'il continuerait à faire avancer l'« acte de Taipei ». Le Conseiller d'État chinois et Ministre de la Défense Wei Fenghe a vivement réagi aux récents développements impliquant un réchauffement des relations américano-taïwanaises. La partie continentale fera-t-elle pression sur Taiwan par des moyens diplomatiques ? Recommencera-t-elle la saisie des « États ayant des relations diplomatiques » avec Taiwan, ou la « menace » sur des entreprises étrangères, comme l'année dernière, pour qu'elles modifient la présentation de Taiwan sur leur site officiel ?

R : Vous semblez avoir beaucoup réfléchi sur cette question.

Premièrement, je tiens à vous dire explicitement que les discours de certains membres du Congrès américain ont gravement violé le principe d'une seule Chine et les trois communiqués conjoints sino-américains. La Chine s'y oppose fermement.

Deuxièmement, il n'y a qu'une seule Chine dans le monde, le gouvernement de la République populaire de Chine est le seul représentant légal de toute la Chine, et Taiwan fait partie intégrante du territoire chinois. C'est un consensus universel de la communauté internationale.

Troisièmement, nous nous opposons fermement à tout contact officiel entre les États-Unis et Taiwan et à toute tentative de créer « deux Chine » ou « une Chine, un Taiwan ». Notre position est constante et claire. Nous exhortons les États-Unis à respecter le principe d'une seule Chine et les trois communiqués conjoints sino-américains, et à agir avec prudence sur les questions liées à Taiwan pour éviter d'endommager les relations bilatérales ainsi que la paix et la stabilité dans le détroit de Taiwan.

Quant à savoir si la Chine conquerra les soi-disant « alliés diplomatiques » de Taiwan, franchement parlant, aurions-nous besoin de le faire ? La Chine développe des relations de coopération et d'amitié avec tous les pays sur la base des cinq principes de la coexistence pacifique et du principe d'une seule Chine. En fait, le principe d'une seule Chine est devenu une norme des relations internationales et une tendance de l'époque que la grande majorité des pays choisissent de suivre. Pensez-vous que nous aurons besoin de faire d'autres efforts à ce sujet ?

Concernant votre deuxième préoccupation, comme nous l'avons répété à plusieurs reprises, nous souhaitons la bienvenue aux entreprises étrangères qui investissent et qui se développent en Chine, qui coopèrent avec la Chine et qui font des affaires en Chine. Mais elles doivent respecter les lois et réglementations chinoises, ainsi que les sentiments du peuple chinois. Notre position est claire. Les entreprises concernées le savent très bien.

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