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Conférence de presse du 24 mars 2021 tenue par la porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Hua Chunying
2021/03/24

Agence de presse Xinhua : Nous avons remarqué que plusieurs Ambassades de Chine avaient publié le 15 mars de nouvelles réglementations sur le visa, offrant des facilités aux demandeurs de visa qui se sont fait inoculer un vaccin chinois contre la COVID-19. Cela signifie-t-il que seuls les étrangers qui se sont fait inoculer un vaccin chinois peuvent venir en Chine ?

Hua Chunying : Récemment, les Ambassades et Consulats de Chine à l'étranger ont publié des informations sur les facilités pour la visite en Chine des personnes ayant reçu des vaccins chinois contre la COVID-19, ce qui a fait l'objet d'une grande attention médiatique. Nous nous opposons à la politisation de cette question par certains médias occidentaux. La Chine a pris les dispositions concernées en tenant pleinement en compte la sécurité et l'efficacité des vaccins chinois. Il s'agit d'une exploration et d'un essai en vue de faciliter les échanges humains transfrontaliers après la vaccination à grande échelle, ce qui est similaire par rapport aux pratiques d'autres pays visant à faciliter la mobilité humaine. Il est à noter que les facilités accordées aux personnes ayant reçu des vaccins chinois n'affectent pas la politique existante sur l'entrée en Chine des personnes n'ayant pas reçu de vaccins chinois. Dans le même temps, les mesures de quarantaine et d'observation nécessaires pour toutes les personnes arrivant en Chine continueront d'être en vigueur.

RCI : Selon des reportages, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a déclaré lors de sa rencontre avec la presse après l'entretien avec le Conseiller d'État Wang Yi que la Russie et la Chine avaient fait un pas en avant de plus dans le développement de leur partenariat de coordination stratégique global. M. Lavrov a également dit que la Russie et la Chine rejetaient le jeu géopolitique à somme nulle et les sanctions unilatérales et illégales imposées arbitrairement par des pays occidentaux, et que les deux parties étaient d'avis que la coordination diplomatique entre pays était le facteur le plus important dans les affaires internationales. Quels sont les commentaires de la Chine ?

Hua Chunying : Nous suivons tous de près la rencontre entre les Ministres des Affaires étrangères de la Chine et de la Russie qui s'est tenue à Guilin. Comme le dit un adage chinois, « les montagnes et rivières de Guilin sont plus belles au monde », de même que le partenariat de coordination stratégique global entre la Chine et la Russie pour la nouvelle ère. Nous avons publié les informations sur cette rencontre. Vous pouvez constater que cette rencontre, couronnée d'un plein succès, a abouti à de riches résultats importants.

La Chine salue les hautes appréciations de M. Sergueï Lavrov sur les relations sino-russes. Face à la situation internationale marquée par les instabilités et les transformations, les relations sino-russes se sont sans cesse renforcées et consolidées malgré les adversités. Les deux parties sont l'une pour l'autre de vrais partenaires et amis qui se soutiennent fermement, et ont établi une communauté de santé indéfectible devant le nouveau coronavirus et sont devenues des forts indestructibles devant le « virus politique ». La coopération dans divers domaines entre les deux pays a surmonté les influences extérieures en faisant preuve d'une forte résilience. Le volume du commerce bilatéral a dépassé 100 milliards de dollars américains pour la troisième année consécutive. La Chine reste le premier partenaire commercial de la Russie depuis 11 ans consécutifs. Un millier d'événements dans le cadre de l'Année de l'innovation scientifique et technologique Chine-Russie se déroulent sur tous les plans. La coopération bilatérale s'est améliorée en termes d'échelle et de qualité, et la coopération pragmatique bilatérale a fourni une garantie matérielle fondamentale, forte et énergique pour le développement des relations bilatérales. Ayant à l'esprit le bien-être des peuples du monde entier, nous avons donné l'exemple de grands pays attachés à l'égalité, à l'intégrité, à la coopération et au respect des lois. Cela a fait un contraste vif avec certains pays qui s'adonnent au jeu à somme nulle et aux sanctions unilatérales. La coordination internationale entre la Chine et la Russie apporte également une stabilité précieuse et une énergie positive au monde. La Chine est prête à travailler avec la Russie et la communauté internationale pour continuer de défendre et de pratiquer le véritable multilatéralisme, promouvoir la démocratisation des relations internationales, favoriser l'approfondissement de la coopération mutuellement avantageuse entre les pays et donner un nouvel élan et davantage de stabilité à la paix et au développement du monde.

Shenzhen TV : Il y a quelques jours, des fusillades contre les Américains d'origine asiatique ont eu lieu à Atlanta, aux États-Unis, faisant huit morts dont un citoyen chinois. Le 22 mars, une autre fusillade s'est produite dans le Colorado, aux États-Unis, faisant dix morts dont un policier. Cependant, la Présidente de la Chambre des représentants des États-Unis Nancy Pelosi a publié une déclaration sur les sanctions des États-Unis, du Canada, du Royaume-Uni et de l'UE contre la Chine, disant que les États-Unis protégeraient les droits et la dignité des Ouïgours. Quels sont les commentaires de la Chine à ce sujet ?

Hua Chunying : La Chine s'oppose à la violence sous toutes ses formes et exprime ses condoléances aux victimes dont un citoyen chinois. Nous demandons aux États-Unis de prendre des mesures concrètes et efficaces pour protéger la sécurité et les droits et intérêts légitimes des minorités aux États-Unis.

Comme nous l'avons vu dans les nouvelles de ces derniers jours, au crime partant de la haie contre les Américains d'origine asiatique à Atlanta a été succédée rapidement la fusillade contre des civils dans le Colorado. La reproduction fréquente des discriminations raciales et des crimes violents prouve, sous un certain angle, que les États-Unis ont de graves problèmes pour protéger les droits de l'homme et la sécurité de leur peuple. Nous sommes attristés par la mort d'un citoyen chinois dans ces attentats. Nous témoignons également de la sympathie vers le peuple américain souffrant de l'épidémie de COVID-19, de la discrimination raciale et de la violence de fusillades. Nous exhortons les États-Unis à regarder en face ces problèmes, à honorer véritablement leur engagement de protéger les droits de l'homme et à prendre des mesures concrètes pour protéger la vie et la sécurité de la population, afin que le peuple américain ne vive plus dans la violence et la terreur.

Quant à la déclaration de la Présidente Nancy Pelosi que vous avez mentionnée, elle nous semble « une déclaration pleine d'absurdité ». À l'heure actuelle, le Xinjiang jouit de la stabilité sociale, du développement économique, de l'unité ethnique et de l'harmonie religieuse. Les habitants de tous les groupes ethniques du Xinjiang, y compris les Ouïgours, mènent une vie stable, propice et heureuse, jouissant des droits et de la dignité sans précédent. Par contre, la situation des minorités aux États-Unis nous semble beaucoup plus amère. Ces députés et politiciens élus par le peuple américain ne devraient-ils pas faire quelque chose de pratique pour leur peuple ? Nous leur conseillons de d'abord veiller à ce que les George Floyd puissent respirer librement, de faire en sorte que les Américains d'origine asiatique se débarrassent du cauchemar du racisme et des crimes basés sur la haine et ne vivent plus dans la peur, d'éviter la reproduction de la tragédie de plus de 500 000 morts de la COVID-19, et de garantir aux Américains le droit à la vie et à la santé.

CCTV : Le Secrétaire d'État américain Antony Blinken a déclaré sur Twitter le 23 mars que les États-Unis et leurs alliés exhortaient la Chine à libérer immédiatement deux citoyens canadiens qui avaient été détenus arbitrairement par la Chine, et a dit que l'homme ne devait pas servir de monnaie d'échange. Quelle est la réponse de la Chine à ce sujet ?

Hua Chunying : Il a totalement raison. C'est vrai que l'homme ne devrait pas être pris pour monnaie d'échange. Je voudrais demander à la partie américaine d'agir conformément à ses paroles, et de laisser immédiatement Mme Meng Wanzhou qui a été arbitrairement détenue pendant 845 jours retourner à la patrie en toute sécurité !

JoongAng Ilbo : Selon des informations de la partie américaine, la République populaire démocratique de Corée (RPDC) a tiré deux missiles le 21 mars. Quels sont les commentaires de la Chine à ce sujet ?

Hua Chunying : J'ai remarqué les reportages concernés. La Chine suit l'évolution de la situation dans la Péninsule coréenne et appelle toutes les parties concernées à adhérer au dialogue et aux consultations, à travailler ensemble pour poursuivre la situation atténuée et à faire progresser le règlement politique de la question de la Péninsule coréenne.

Global Times : Selon des reportages, le 23 mars, la Ministre australienne des Affaires étrangères Marise Payne et la Ministre néo-zélandaise des Affaires étrangères Nanaia Mahuta ont publié une déclaration conjointe soulignant l'importance de la transparence et de la responsabilisation et réitérant leur appel pour que la Chine accorde à des experts des Nations Unies et à d'autres observateurs indépendants un accès significatif et sans limite au Xinjiang. Quels sont les commentaires de la Chine à ce sujet ?

Hua Chunying : La porte du Xinjiang est toujours ouverte. En 2019, plus de 200 millions de visites ont été effectuées au Xinjiang. Nous invitons tous les étrangers impartiaux à visiter le Xinjiang, mais nous nous opposons fermement à toutes les « enquêtes » et « responsabilisations » basées sur la présomption de culpabilité, et nous nous opposons résolument à toute manœuvre politique de quiconque visant à faire pression sur la Chine.

Comme l'Australie a évoqué la « responsabilisation », je me demande où en est l'Australie dans ses enquêtes sur les graves crimes récemment révélés qui ont été commis par ses soldats en Afghanistan ? Les personnes concernées ont-elles été tenues pour responsables et punies pour rendre justice aux victimes innocentes afghanes ? Les États-Unis, le Royaume-Uni et d'autres pays de l'alliance des « Five eyes » ainsi que l'Union européenne (UE), envisageront-ils de sanctionner l'Australie ? Par ailleurs, en Australie, il y a eu la fameuse « politique de l'Australie blanche », en vertu de laquelle un génocide a été commis contre les aborigènes et quelque 100 000 enfants aborigènes ont été enlevés de force à leur famille. La partie australienne a-t-elle fait la responsabilisation sur ceux qui avaient fait souffrir la « génération volée » ?

China Daily : Après que la Chine a annoncé des sanctions à l'encontre des institutions et des individus concernés de l'UE, la France, l'Allemagne et d'autres pays européens ont convoqué des Ambassadeurs de Chine pour faire des démarches et ont qualifié d'inacceptables les sanctions de la Chine. Quelle est la réponse de la Chine à ce sujet ?

Hua Chunying : Les tenants, les aboutissants et la nature de cette affaire sont clairs comme de l'eau de roche. L'UE a imposé des sanctions aux entités et individus chinois concernés sous prétexte de questions de droits de l'homme au Xinjiang, et en se basant sur des mensonges et de fausses informations. C'est l'UE qui a été la première à lancer des provocations sans fondement. La Chine n'a fait que réagir de manière juste et justifiée. La partie européenne a délibérément dénigré et attaqué la Chine, et a même imposé des sanctions arbitraires en se basant sur la désinformation, mais ne laisse pas parler ou réagir la Chine. Il s'agit en soi du « deux poids deux mesures », de l'hégémonie, de l'intimidation et de l'hypocrisie. La Chine ne provoque pas de troubles, mais ne reculera pas devant les provocations et ne sera pas soumise au chantage des autres. La Chine n'accepte absolument pas les mesures injustifiables prises par certains pays de l'UE consistant à convoquer les Ambassadeurs de Chine. Ceux-ci ont présenté la position sérieuse de la Chine et fait des représentations solennelles auprès de l'UE.

Bloomberg : Le Paraguay a dit dans une déclaration que certaines personnes avaient fourni des vaccins chinois au gouvernement paraguayen, à condition que le Paraguay « rompe ses relations diplomatiques » avec les autorités taiwanaises pour établir des relations diplomatiques avec la Chine. Selon la déclaration, on ne sait pas si ces personnes représentent le gouvernement de la République populaire de Chine. La Chine peut-elle le confirmer ? Quelle est la réponse de la Chine à ce sujet ?

Hua Chunying : Je ne sais pas d'où viennent vos nouvelles. Je tiens à souligner que le vaccin est l'espoir pour sauver des vies. Depuis le début de la COVID-19, la Chine adhère toujours à l'idée de promouvoir l'édification d'une communauté d'avenir partagé et une communauté de santé, a pris l'initiative de tenir la promesse de faire des vaccins un bien public mondial et de la mettre en œuvre, et s'est efforcée de rendre les vaccins accessibles et abordables dans les pays en développement. À la demande de certains pays, la Chine leur a également fourni une assistance en matière de vaccins, et les coopérations concernées sont honnêtes et transparentes.

Quant à votre question sur le Paraguay, il s'agit d'une fausse information malveillante typique. Je sais que certaines personnes de Taiwan se livrent à des machinations par derrière. Je voudrais profiter de cette occasion pour souligner qu'il n'y a qu'une seule Chine dans le monde et que Taiwan fait partie inaliénable du territoire chinois. C'est à la fois un fait historique et juridique, et aussi un consensus universel de la communauté internationale. Nous exhortons sévèrement certaines personnes de Taiwan à ne pas procéder à la manipulation politique, à la fabrication de rumeurs et à la calomnie, car tout cela est inutile.

AFP : Ce lundi, le Ministère français des Affaires étrangères a convoqué l'Ambassadeur de Chine en France pour ses tweets ciblant des parlementaires et un chercheur français, mais l'Ambassadeur Lu Shaye a reporté la réunion d'un jour en raison d'agenda. Quelle est la réponse du Ministère des Affaires étrangères à ce sujet ?

Hua Chunying : Concernant la convocation d'Ambassadeurs chinois par certains pays européens, y compris la France, pour faire de prétendues démarches, je viens d'exposer la position chinoise. Les tenants et les aboutissants de cette affaire sont bien clairs. Les Ambassadeurs chinois concernés, dont l'Ambassadeur en France, ont expliqué la position solennelle de la Chine et réfuté les accusations sans fondement.

En ce qui concerne les accusations de la partie française selon lesquelles la Chine ne doit pas attaquer la liberté académique et la liberté d'expression, je tiens à souligner que la liberté académique, la liberté d'expression et la démocratie parlementaire ne veulent pas dire que l'on peut parler à tort et à travers, concocter des rumeurs, dénigrer et diffamer d'autres pays sans aucun fondement, à sa guise et sans scrupule. La France devra demander aux personnes concernées de se conformer aux règles, et de cesser d'inventer des rumeurs contre la Chine, et de calomnier et de dénigrer la Chine.

AFP : Quelle est en réalité la raison du report de la réunion de l'Ambassadeur de Chine en France ? Généralement, les Ambassadeurs répondent rapidement à des convocations. Pourquoi la partie chinoise l'a retardée ?

Hua Chunying : Tous les Ambassadeurs de Chine à l'étranger ont leur propre agenda. Je pense que l'Ambassade de Chine en France l'a expliqué bien clairement à la partie française.

China Review News : Le Parlement européen a décidé d'annuler la réunion d'examen de l'accord d'investissement Chine-UE, car la partie chinoise a annoncé des mesures de sanction contre la partie européenne. Quels sont les commentaires de la Chine là-dessus ?

Hua Chunying : Une seule phrase comme réponse : l'accord d'investissement Chine-UE n'est pas une faveur accordée par l'une partie à l'autre, mais il est mutuellement bénéfique.

Beijing Youth Daily : Selon des reportages, le Conseil des droits de l'homme des Nations Unies a adopté le 23 mars, lors de sa 46e session, une résolution présentée par la Chine intitulée « Promouvoir une coopération mutuellement bénéfique dans le domaine des droits de l'homme ». Pourriez-vous nous donner des informations à ce sujet ?

Hua Chunying : Le 23 mars, la 46e session du Conseil des droits de l'homme des Nations Unies a adopté une résolution présentée par la Chine intitulée « Promouvoir une coopération mutuellement bénéfique dans les domaines des droits de l'homme ». La résolution appelle tous les pays à adhérer au multilatéralisme, à entreprendre un dialogue constructif et une coopération dans le domaine des droits de l'homme, à renforcer l'assistance technique et la construction des capacités, à promouvoir une coopération gagnant-gagnant et à construire conjointement une communauté d'avenir partagé pour l'humanité. La résolution soutient également une coopération internationale active pour répondre efficacement à la pandémie de COVID-19 et garantir l'accessibilité et l'abordabilité des vaccins dans les pays en développement.

La pandémie montre une fois de plus que tous les pays doivent intensifier la consultation et la coopération, et défendre et pratiquer le multilatéralisme, de sorte à relever efficacement les défis mondiaux et à promouvoir la paix et le développement du monde. L'initiative chinoise pour la promotion d'une coopération mutuellement bénéfique dans le domaine des droits de l'homme répond à l'aspiration commune de la communauté internationale, et est propice à l'amélioration de la compréhension et de la confiance mutuelles entre toutes les parties, au renforcement de la solidarité, à la prévention de la politisation des questions liées aux droits de l'homme et de l'ingérence dans les affaires intérieures d'autrui sous prétexte des questions concernées, et à la promotion d'un dialogue et d'une coopération véritables entre toutes les parties en matière de droits de l'homme, afin de mieux atteindre les objectifs de la promotion et la protection des droits de l'homme.

Bloomberg : Hier, l'Ambassade de Chine en Australie a publié une longue déclaration, et je voudrais citer une partie : « Nous appelons l'Australie à réfléchir et à s'attaquer à ses propres problèmes, en particulier les meurtres de civils innocents par le personnel militaire australien à l'étranger, l'aggravation de la situation de la discrimination raciale dans le pays, les violations de longue date des droits des populations aborigènes ainsi que les mauvais traitements des détenus dans les centres de détention offshore. » Lorsque vous avez répondu aux questions concernées précédemment, vous avez également signalé une série de problèmes de l'Australie. Du point de vue de la partie chinoise, que devrait faire la partie australienne ?

Hua Chunying : La position de la Chine, tant à Canberra qu'à Beijing, a été très clairement exposée. La partie australienne doit savoir très bien quels sont les problèmes qu'elle a eus dans le passé et ceux qu'elle rencontre aujourd'hui. Elle doit également être claire quant aux actions concrètes qu'elle devra prendre pour remédier à ses erreurs.

Bloomberg : Ces derniers jours, vous avez donné vos commentaires aux déclarations de l'Australie, des États-Unis et de l'UE, et les questions relatives aux droits de l'homme dans le monde sont de plus en plus au centre des efforts diplomatiques de la Chine. Hier, vous avez évoqué les atrocités historiques des pays concernés et la crise humanitaire en Syrie. Peut-on supposer que la Chine sera de plus en plus active dans le domaine des droits de l'homme internationaux, par exemple en signalant les problèmes des droits de l'homme d'autres pays ?

Hua Chunying : Les développements récents montrent que certains pays ont tenté et tentent encore de politiser les questions relatives aux droits de l'homme et de s'ingérer dans les affaires intérieures d'autrui sous prétexte des droits de l'homme. Mais ces mêmes pays ont oublié qu'ils avaient commis de graves crimes contre les droits de l'homme dans le passé et qu'ils sont aujourd'hui confrontés à divers problèmes de droits de l'homme dans leur pays.

La Chine préconise toujours que tous les pays doivent apprendre les uns des autres et progresser ensemble par le dialogue, les échanges et l'inspiration mutuelle sur les questions relatives aux droits de l'homme dans un esprit d'égalité et de respect mutuel. Les droits de l'homme doivent s'incarner dans des actions concrètes, et les gouvernements des différents pays doivent prendre des mesures concrètes pour s'assurer que leur population bénéficie d'une vie meilleure et garantir effectivement leurs droits à la vie et à la santé, et tous les autres droits. Les droits de l'homme ne doivent pas être utilisés comme un instrument d'ingérence dans les affaires intérieures d'autrui.

Bloomberg : J'ai une autre question. Il y a une contradiction entre vos commentaires sur la situation des droits de l'homme en Australie, au Canada et dans d'autres pays et la déclaration du gouvernement chinois selon laquelle aucun autre pays n'a le droit de s'immiscer dans les affaires intérieures de la Chine. Comment expliquez-vous cela ?

Hua Chunying : De quel pays venez-vous ?

Journaliste : Je suis Australien.

Hua Chunying : Je comprends donc pourquoi vous posez cette question. La position de la Chine n'est pas du tout contradictoire.

Les accusations actuelles portées contre la Chine au sujet du Xinjiang par l'Australie et plusieurs alliés des États-Unis ne reposent sur rien d'autre que des mensonges. Nous savons tous le rôle joué à cet égard par l'Institut australien de stratégie politique (ASPI). Si les dirigeants d'un pays ne croient pas la voix des 25 millions de personnes de tous les groupes ethniques du Xinjiang et la situation réelle sur le terrain, mais choisissent plutôt de croire les grands mensonges du siècle fabriqués par une poignée de forces antichinoises dans le but de contenir et de réprimer le développement de la Chine, pensez-vous que de telles choses pourront être autorisées ?

En tant qu'Australien, vous devez savoir s'il y a eu un massacre et l'assimilation des populations aborigènes dans l'histoire de l'Australie. Vous savez également si les crimes plus récents commis par certains soldats australiens en Afghanistan sont un fait. La Chine s'en tient à la non-ingérence dans les affaires intérieures d'autrui. Mais pourquoi ne pouvons-nous pas signaler les erreurs de l'Australie lorsque le pays ne réfléchit toujours pas à ses erreurs, ne fait pas face à ses propres problèmes malgré le fait que le Département australien de la Défense a déjà publié un rapport d'enquête, mais accuse sans fondement la Chine sur la base de mensonges, de rumeurs et de fausses informations ? Si vous êtes suffisamment confiants, et si vous n'avez pas ces problèmes, de quoi avez-vous peur ?

China News Service : Les Ministres des Affaires étrangères de l'Australie et de la Nouvelle-Zélande ont publié une déclaration conjointe le 23 mars, affirmant qu'elles étaient d'accord avec les préoccupations liées au Xinjiang des États-Unis, du Canada, du Royaume-Uni et de l'UE et accueillaient favorablement leurs sanctions. Hier, vous avez répondu à une question similaire. La Chine craint-elle que ces pays ciblent ensemble la Chine ?

Hua Chunying : Comme je l'ai dit hier, la Chine ne s'inquiète point. Les États-Unis et leurs alliés des « Five eyes » se sont coordonnés et ont tenté d'intimider ensemble la Chine. Leurs agissements me rappellent des Forces coalisées des huit puissances, mais ils se sont évidemment trompés de l'époque. Leurs corps sont entrés dans la deuxième décennie du XXIe siècle, mais leur compréhension sur la Chine reste encore au niveau de la fin du XIXe siècle, sous la dynastie des Qing. Ils ne comprennent évidemment ni la Chine ni le monde. La Chine d'aujourd'hui n'est pas celle d'il y a 120 ans. Le peuple chinois ne tolère plus la provocation. S'il est en colère, les conséquences seront lourdes.

Les Nations Unies comptent plus de 190 États membres. Les alliés des « Five eyes » ne peuvent pas représenter la communauté internationale. Une cause juste jouit de beaucoup de soutien alors qu'une cause injuste en jouit peu. La Chine n'a rien à cacher, elle travaille à développer des relations de coopération d'amitié avec tous les pays conformément aux Cinq Principes de la Coexistence pacifique. Regardez simplement la carte du monde et vous saurez que la Chine a des amis partout dans le monde. De quoi pouvons-nous nous inquiéter ?

The Globe and Mail : La Chine a annoncé ce lundi des sanctions contre des institutions et des individus de l'UE. La Chine imposera-t-elle des sanctions contre le Canada ?

Hua Chunying : Hier, j'ai déjà expliqué la position chinoise. La Chine a une position claire et une détermination ferme pour défendre sa souveraineté, sa sécurité et ses intérêts de développement, et pour s'opposer résolument à toute ingérence extérieure. Nous ferons des réactions nécessaires, légitimes et justes à tous les actes portant atteinte aux intérêts et à la dignité de la Chine.

TV Tokyo : Hier, le Ministère des Affaires étrangères a offert aux journalistes étrangers en Chine la possibilité de se faire inoculer un vaccin contre la COVID-19 développé par la Chine. Quel est l'objectif de cette mesure ?

Hua Chunying : Vous êtes-vous fait vacciner hier ?

Journaliste : Oui.

Hua Chunying : Selon vous, quel est notre objectif ? Nous avons pris cette mesure parce que de nombreux journalistes étrangers avaient dit, à mes collègues et à moi-même, qu'ils espéraient se faire inoculer un vaccin chinois, compte tenu de leurs besoins en matière de santé personnelle et de travail, et qu'ils attendaient une aide de la partie chinoise à ce sujet. Le Département de l'Information du Ministère des Affaires étrangères accorde toujours du soutien et des facilités aux journalistes étrangers travaillant et vivant en Chine. En réponse à leurs préoccupations et par souci de leur santé, nous avons communiqué et coordonné avec les départements chinois concernés pour inoculer les journalistes étrangers et les membres de leurs familles d'âge requis en respectant leur droit à l'information et le principe de libre consentement. Les dépenses et les risques sont assumés par les vaccinés.

Après avoir été informés, les journalistes étrangers étaient très motivés pour s'inscrire, et près de 150 journalistes étrangers venant de 71 médias étrangers de 27 pays ont été vaccinés hier. Tout s'est bien passé et en sécurité. Beaucoup d'entre eux ont exprimé leur reconnaissance à mes collèges et considéraient cette campagne de vaccination comme un « cadeau au printemps ». Ils ont appris par leur propre expérience la sécurité de vaccins chinois. Un certain journaliste a même dit qu'il souhaitait suggérer à d'autres journalistes étrangers en Chine de se faire vacciner.

En fait, nous avons tenu compte de la sensibilité professionnelle des journalistes étrangers. Par exemple, certaines personnes risquent de craindre que la Chine ait pour objectif de faire de la propagande. Par conséquent, la Chine n'a ni filmé ni couvert la vaccination. Vous deviez l'avoir remarqué sur place. Nous ne voulons pas faire la publicité. Puisque vous avez posé vous-même cette question, j'espère que vous avez obtenu une réponse satisfaisante. Notre seul objectif est de répondre autant que possible aux préoccupations des journalistes étrangers en Chine, de prendre davantage soin de votre santé et de faciliter votre travail et votre vie ici.

The Globe and Mail : Vous venez de critiquer la politique d'assimilation de l'Australie dans votre réponse à une question de mon collègue. Pensez-vous que la politique d'assimilation de la Chine est légale ou qu'elle constitue une violation des droits de l'homme ?

Hua Chunying : Ces deux choses sont de nature complètement différente et ne sont en aucun cas comparables. Les accusations sans fondement lancées par certains pays, y compris l'Australie et le Canada, contre le Xinjiang de la Chine reposent totalement sur des mensonges et des rumeurs.

Certains politiciens dans vos pays disent qu'ils se basent sur des informations « crédibles ». Cependant, la Chine a beaucoup parlé de ce sujet en présentant des faits suffisants, et les sourires et la vie heureuse de tous les groupes ethniques du Xinjiang sont très éloquents. Malgré tout, certains politiciens de ces pays préfèrent croire à des mensonges fabriqués par des individus plutôt que d'écouter la voix commune des plus de 25 millions d'habitants multiethniques au Xinjiang, et préfèrent assister à la piètre farce montée par quelques forces antichinoises plutôt que de regarder en face la réalité fondamentale du développement et du progrès au Xinjiang. Tout cela prouve qu'ils ne se soucient pas de la vérité mais s'intéressent à la manipulation politique et cherchent à fabriquer les prétendues « questions liées au Xinjiang » afin de compromettre la sécurité et la stabilité de la région et d'entraver le développement de la Chine. Ces actes feront définitivement l'objet d'une opposition résolue du peuple chinois et n'obtiendront aucun soutien des personnalités rationnelles défendant la justice dans le monde.

Ce que vous devez faire maintenant, c'est cesser de vous attarder sur cette question et réfléchir réellement à vos propres problèmes. Si certains continuent de scruter les autres sans s'examiner eux-mêmes, ils ne feront jamais de progrès.

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