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Conférence de presse du 23 mars 2021 tenue par la porte-parole du Ministère des Affaires étrangères Hua Chunying
2021/03/23

CCTV : Le Conseiller d’État et Ministre des Affaires étrangères Wang Yi a rencontré hier le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov à Guilin, Guangxi. Pourriez-vous présenter les informations concernées ? Quels sont les résultats obtenus ? Comment la Chine évalue-t-elle cette visite en Chine de M. Sergueï Lavrov ? Quelles sont ses attentes pour le développement futur des relations sino-russes ?

Hua Chunying : Ces derniers jours, le Conseiller d’État et Ministre des Affaires étrangères Wang Yi a eu des entretiens fructueux avec le Ministre Sergueï Lavrov à Guilin. Les deux Ministres des Affaires étrangères ont pleinement échangé leurs points de vue sur les relations bilatérales et les questions internationales et régionales importantes, et sont parvenus à une série de nouveaux consensus. Les deux parties ont également signé et publié la Déclaration conjointe des Ministres des Affaires étrangères de la République populaire de Chine et de la Fédération de Russie sur quelques questions en matière de gouvernance mondiale actuelle, ont expliqué les connotations correctes des concepts des « droits de l’homme », de la « démocratie », de l’« ordre international » et du « multilatéralisme », et ont démontré la volonté ferme de la Chine et de la Russie de défendre conjointement l’équité et la justice internationales.

C’est la première visite en Chine du Ministre Sergueï Lavrov depuis l’apparition de la COVID-19, ainsi qu’une nouvelle rencontre en face à face entre les deux Ministres moins de 6 mois après la visite en Russie du Conseiller d’État Wang Yi en septembre dernier. Elle revêt une signification importante et positive pour un bon début des relations sino-russes dans cette année et pour la promotion du processus de règlement politique des questions internationales et régionales concernées. Les échanges stratégiques restent étroits et efficaces entre la Chine et la Russie malgré l’impact de la pandémie, ce qui incarne une fois de plus le haut niveau et la particularité des relations sino-russes, et démontre à la communauté internationale l’engagement et le sens des responsabilités de la Chine et de la Russie en tant que grands pays du monde et membres permanents du Conseil de Sécurité de l’ONU.

Cette année marque le 20e anniversaire de la signature du Traité de bon voisinage et de coopération d’amitié sino-russe. Nous sommes convaincus qu’en prenant cette visite comme point de départ, les deux parties continueront de valoriser l’esprit du Traité marqué par « l’amitié de génération en génération, les avantages mutuels et le gagnant-gagnant », de mettre intégralement en œuvre l’important consensus entre les deux Chefs d’État, de se soutenir mutuellement et solidement sur les questions touchant aux intérêts vitaux de part et d’autre, d’être partenaires l’une pour l’autre sur la voie du développement et du redressement, et de jouer le rôle de pilier dans les affaires internationales, de manière à favoriser un plus grand développement des relations sino-russes dans la nouvelle ère et à mieux bénéficier aux deux pays et au monde entier.

China Review News : Le 22 mars, l’Union européenne (UE), le Royaume-Uni et le Canada ont respectivement annoncé des sanctions unilatérales à l’encontre des individus et des entités concernées de la Chine sous prétexte de soi-disant questions de droits de l’homme au Xinjiang. Le même jour, les États-Unis ont annoncé des sanctions contre deux responsables du gouvernement de la région autonome ouïgoure du Xinjiang de la Chine, déclarant qu’il s’agissait d’une mesure supplémentaire aux sanctions de l’UE, du Royaume-Uni et du Canada. Les Ministres des Affaires étrangères des États-Unis, du Royaume-Uni et du Canada ont publié une déclaration conjointe pour faire pression sur la Chine. Quelle est la réponse de la Chine à cet égard ?

Hua Chunying : Les États-Unis, le Canada, le Royaume-Uni et l’UE ont imposé des sanctions aux personnes et aux institutions concernées du Xinjiang de la Chine en se basant sur des mensonges et de fausses informations sous prétexte de droits de l’homme. La Chine le condamne fortement. Un responsable du Ministère chinois des Affaires étrangères a déjà convoqué séparément les Ambassadeurs de l’UE et du Royaume-Uni en Chine pour formuler des représentations solennelles auprès d’eux. Hier soir, la partie chinoise a présenté sa position solennelle sans tarder et annoncé des sanctions contre les institutions et personnels concernés de la partie européenne. La Chine a également fait des démarches solennelles auprès des États-Unis et du Canada.

Depuis quatre décennies, la population ouïgoure au Xinjiang est passée de 5,5 millions à 12,8 millions, l’espérance de vie y est passée de 30 à 72 ans, et les personnes de tous les groupes ethniques du Xinjiang, y compris les Ouïgours, jouissent, conformément à la loi, de tous les droits conférés par la Constitution et les lois chinoises. La population de tous les groupes ethniques dans la région du Xinjiang jouit de la stabilité, de la sécurité, du développement et du progrès, ce qui constitue l’une des plus belles réussites en matière de droits de l’homme.

Cependant, apparemment, certains politiciens aux États-Unis, au Royaume-Uni, au Canada et dans l’UE ne veulent pas admettre ce fait. En prenant les soi-disant « preuves » concoctées de manière malveillante par certains politiciens antichinois et de prétendus chercheurs pour des trésors, ils ont complètement ignoré le fait que les soi-disant « faits » qu’ils ont rassemblés sont entièrement basés sur de soi-disant « documents internes » et « déclarations des victimes » fictifs, des informations d’origine inconnue. Ils sont allés jusqu’à mal interpréter et à déformer les documents et données officiels de la Chine hors de leur contexte. Cela ne peut que prouver que ce dont ils se soucient, ce n’est pas du tout les droits de l’homme ni la vérité. Ils ne veulent pas voir le succès et le développement de la Chine, ni une vie de plus en plus meilleure du peuple chinois. Ainsi, ils s’ingèrent dans les affaires intérieures de la Chine sous divers prétextes en instrumentalisant les droits de l’homme, tentant de freiner le développement de la Chine. Ce qu’ils ont fait est une calomnie et un affront à l’encontre de la réputation et de la dignité du peuple chinois, une ingérence flagrante dans les affaires intérieures de la Chine et une violation grave de la souveraineté et des intérêts de sécurité de la Chine.

Il faut souligner que ces pays, des « juges des droits de l’homme » autoproclamés, se prennent comme des « donneurs de leçons » en la matière, ont eux-mêmes des bilans vraiment déplorables dans le domaine des droits de l’homme. Ils n’ont aucune qualification d’accuser la Chine, ni même de lui imposer les crimes et les maux qu’ils ont commis.

Tout le monde sait que les colonisateurs américains, britanniques et français ont transporté 12 millions de personnes de l’Afrique vers les Amériques en tant qu’esclaves dans leur traite des esclaves d’Afrique qui a duré environ 400 ans, et que 10 millions autres personnes sont mortes pendant le transport. Aux États-Unis, les George Floyd ne peuvent toujours pas respirer. Le Comité pour l’élimination de la discrimination raciale des Nations Unies a indiqué depuis longtemps que les personnes d’origine africaine aux États-Unis et au Royaume-Uni sont confrontées à un racisme systématique quant à leurs droits dans les domaines tels que la santé, l’emploi, l’éducation et l’accès à un procès juste.

Au début du XXe siècle, les colonisateurs allemands se sont livrés à un massacre des populations autochtones en Namibie de l’Afrique. Entre 1904 et 1908, les troupes coloniales allemandes ont tué plus de 100 000 personnes autochtones, y compris les trois quarts de la population héréro et plus de la moitié de la population nama. Ces tueries ont été considérées comme « le premier génocide du XXe siècle » par le rapport de la Commission des droits de l’homme du Conseil économique et social des Nations Unies. Près de 6 millions de juifs, dont plus d’un million d’enfants, ont été tués par l’Allemagne nazie pendant la Seconde Guerre mondiale. Selon des reportages, les États-Unis, le Royaume-Uni et certains de leurs alliées ont violé les Conventions de Genève et brutalement tué des civils innocents en Afghanistan, commettant de graves crimes de guerre.

L’armée française a tué 5,5 millions de personnes en Algérie pendant sa colonisation, ce qui a constitué un crime contre l’humanité. Le Président algérien a déclaré que les Algériens « ne renonceront jamais » à leur mémoire.

Dans les années 1870, le gouvernement canadien a mis l’assimilation des populations autochtones dans l’agenda officiel, ouvertement prêché la politique visant à « tuer l’Indien dans l’enfant », et mis en œuvre une politique de génocide culturel contre les autochtones en créant des internats. Selon des statistiques disponibles, plus de 150 000 enfants autochtones ont été forcés d’aller aux internats, dont plus de 50 000 y ont été torturés jusqu’à la mort.

Comme nous nous en souvenons tous, à l’époque, les États-Unis, le Royaume-Uni et d’autres pays ont utilisé un tube de lessive en poudre et une vidéo organisée comme preuves pour déclencher la guerre contre deux pays souverains, l’Irak et la Syrie. Cette guerre violente et acharnée a fait d’innombrables victimes civiles innocentes et entraîné le déchirement et le déplacement de nombreuses familles. Cette année marque la dixième année de la crise syrienne. Rien qu’en Syrie, 350 000 personnes ont péri dans les combats et leurs familles ont été déchirées. Ces pays ne méritent-ils pas d’être sanctionnés ?

Cette année est également la dixième année de la guerre civile en Libye. La guerre en Libye, déclenchée par la France, le Royaume-Uni et d’autres pays de l’UE, a créé une catastrophe humanitaire de grande ampleur, ce qui est devenu une source du mal de l’actuel problème de réfugiés et immigrants ainsi qu’un facteur important de l’instabilité régionale. Aujourd’hui, 400 000 personnes sont toujours déplacées en Libye, et plus d’un million ont un besoin urgent d’assistance. Ces pays ne méritent-ils pas d’être tenus pour responsables ?

Ces pays n’ont montré aucun remords pour avoir exporté des troubles, et ont imposé des sanctions unilatérales à d’autres pays au nom des droits de l’homme, portant gravement atteinte au droit à la vie, à la santé et au développement des populations des pays concernés. Face à la pandémie, ces pays les plus développés ont ignoré le droit à la vie et à la santé de leurs peuples, laissant mourir des dizaines de milliers de personnes. Poursuivant le « nationalisme vaccinal », ils ont stocké un grand nombre de vaccins contre la COVID-19 bien au-delà des besoins de leurs populations, causant un manque d’accès aux vaccins pour les pays en développement.

Nous ne pouvons pas nous empêcher de nous demander : si les hommes n’existent plus, comment peut-on parler de leurs droits ? Les États-Unis et d’autres pays occidentaux prétendent toujours protéger les droits de l’homme, mais quel genre de personnes protègent-ils réellement ? Et quels droits protègent-ils ? Comment peuvent-ils démontrer leur respect et leur protection des droits de l’homme ? Ne doivent-ils pas avoir honte ?

Comme l’histoire et les faits l’ont montré, bien que ces quelques pays veuillent être des « donneurs de leçons » des droits de l’homme, ils ne sont pas dignes du tout de ce nom. Ils ne sont pas des saints, et n’ont pas la qualification. J’espère qu’ils comprendront que la Chine d’aujourd’hui n’est pas l’Irak ou la Libye, ni la Syrie, encore moins la Chine d’il y a 120 ans. L’époque où les grandes puissances étrangères pouvaient forcer la Chine à ouvrir ses portes seulement avec quelques canons est à jamais révolue, et de même pour le temps où quelques soi-disant chercheurs et médias pouvaient dénigrer et attaquer sans scrupule la Chine en collusion avec des autorités en toute impunité. Je leur recommande de ne pas sous-estimer la ferme volonté du peuple chinois de défendre les intérêts de son pays et de la dignité nationale. Comme un adage chinois le dit, ne pas répondre à la courtoisie, c’est manquer de courtoisie. Ces pays-là finiront définitivement par payer le prix pour leur ignorance et leur arrogance.

Agence de presse Xinhua : La partie chinoise a publié hier soir une information sur la visite du Conseiller d’État et Ministre des Affaires étrangères Wang Yi dans six pays du Moyen-Orient. Pourriez-vous présenter les objectifs principaux et les attentes de la Chine pour cette visite ?

Hua Chunying : Actuellement, la COVID-19 continue de menacer la vie et la santé de l’humanité, et le jeu à somme nulle et la politique des blocs frappent le système international centré sur l’ONU et l’ordre international basé sur le droit international. Au Moyen-Orient, l’épidémie continue de se propager, l’instabilité continue de sévir, et les points chauds continuent d’émerger. Les pays de la région espèrent renforcer la coopération avec la Chine dans la lutte contre le virus et dans le développement et approfondir les échanges sur la gouvernance du pays avec la Chine, et sont heureux de voir la Chine jouer un rôle plus important dans les affaires régionales.

Cette visite du Conseiller d’État et Ministre des Affaires étrangères Wang Yi au Moyen-Orient démontre l’importance que la Chine attache à ses relations avec les pays de la région, la volonté sincère de la Chine pour approfondir la coopération mutuellement bénéfique et l’attitude responsable de la Chine en matière de promotion de la sécurité et de la stabilité au Moyen-Orient. Dans cette visite, M. Wang mènera des échanges stratégiques approfondis avec ces pays, fera progresser la mise en œuvre des consensus importants atteints par le Président Xi Jinping et les dirigeants des pays concernés, et promouvra la synergie entre la création par la Chine d’une nouvelle dynamique de développement et les stratégies majeures de développement de ces pays. La visite vise également à soutenir ces pays dans leur lutte contre le virus et la reprise socio-économique, à stimuler la coopération de qualité dans le cadre de « la Ceinture et la Route », et à discuter de la coopération mutuellement bénéfique et gagnant-gagnant. En parallèle, le Conseiller d’État et Ministre des Affaires étrangères Wang Yi échangera également des points de vue avec ses interlocuteurs sur les affaires régionales, notamment les points chauds, et apportera la sagesse chinoise au maintien de la paix au Moyen-Orient.

Beijing Daily : Le 22 mars, l’Arabie saoudite a annoncé une initiative politique sur la question yéménite visant à réaliser un cessez-le-feu complet au Yémen et à promouvoir l’ouverture de consultations entre toutes les parties au Yémen afin de parvenir à une solution globale de la question yéménite. Le gouvernement yéménite a salué cette initiative. Quels sont les commentaires de la Chine à ce sujet ?

Hua Chunying : La Chine se félicite de l’annonce par l’Arabie saoudite de l’initiative politique sur la question yéménite et apprécie les mesures positives prises par la partie saoudienne pour atténuer la situation au Yémen. Nous espérons que le Yémen parviendra à un cessez-le-feu complet le plus tôt possible et reprendra rapidement son processus de règlement politique, afin de rétablir la paix, la stabilité et l’ordre normal dans le pays.

BBC : Hier soir, la Chine a annoncé des sanctions contre les institutions et personnels concernés de l’UE en réponse aux sanctions imposées par cette dernière à l’encontre des individus et entités concernés de la Chine. Étant donné que le Canada, le Royaume-Uni et les États-Unis se sont également joints à l’imposition de sanctions contre la Chine, celle-ci leur imposera-t-elle également des sanctions ?

Hua Chunying : Vous pensez qu’ils doivent effectivement être sanctionnés, n’est-ce pas ?

Sur la base des mensonges et de fausses informations concoctés par quelques éléments antichinois, l’UE a imposé des sanctions aux individus et entités concernés de la Chine au mépris des faits et en inversant le noir et le blanc, ce qui a constitué une ingérence grossière dans les affaires intérieures de la Chine, une violation flagrante du droit international et des normes fondamentales régissant les relations internationales et une grave atteinte aux relations Chine-UE. Le Vice-Ministre chinois des Affaires étrangères Qin Gang a convoqué tard dans la nuit d’hier le Chef de la délégation de l’UE en Chine pour faire des démarches solennelles auprès de l’UE et exprimer la ferme opposition, la sévère condamnation et la forte protestation de la Chine face à la décision erronée de l’UE. M. Qin l’a également informé des contre-mesures de la Chine. Comme je l’ai dit tout à l’heure, la Chine répondra résolument à tous les actes consistant à l’attaquer et à la dénigrer sur la base des rumeurs et des mensonges, à s’ingérer dans ses affaires intérieures et à porter atteinte à ses intérêts et à sa dignité, quels que soient les pays auteurs.

The Paper : Cette année marque le cinquième anniversaire du lancement de la Coopération Lancang-Mékong (LMC). Nous avons remarqué que le Conseiller d’État et Ministre des Affaires étrangères Wang Yi avait publié dans le Quotidien du Peuple d’aujourd’hui un article signé intitulé Cinq ans d’efforts fructueux, et des perspectives encore plus radieuses. Quelles sont les considérations de la Chine pour participer à la LMC ? Quelles activités de célébration la Chine organisera-t-elle pour le cinquième anniversaire ? Quelles sont les attentes de la Chine dans le développement de la LMC ?

Hua Chunying : Le mécanisme de la LMC est un nouveau type de mécanisme de coopération sous-régionale. Il a été conçu, construit et partagé ensemble par la Chine, le Cambodge, le Laos, le Myanmar, la Thaïlande et le Vietnam. Depuis sa création le 23 mars 2016, il s’est rapidement développé et a obtenu des résultats remarquables. Il a fortement favorisé le développement économique et social des six pays du bassin et a apporté des avantages tangibles aux habitants de tous ces pays. Les prêts chinois ont aidé les pays du Mékong à réaliser plus de 40 grands projets d’infrastructure tels que des autoroutes, des aéroports, des centrales électriques et des réseaux électriques et des parcs industriels. Le fonds spécial de la LMC créé par la Chine a soutenu plus de 500 projets profitant au peuple dans les domaines de l’agriculture, de la santé, de la réduction de la pauvreté et de l’environnement. Au cours des cinq dernières années, plus de 20 000 étudiants des cinq pays du Mékong ont bénéficié des bourses gouvernementales chinoises pour faire des études en Chine. En 2019, plus de 50 millions de personnes ont voyagé entre la Chine et les pays du Mékong, et il y a eu près de 3 000 vols réguliers chaque semaine pour relier les deux parties. Depuis l’année dernière, dans le contexte de la COVID-19 et des changements inédits depuis un siècle, les six pays ont énergiquement mené la coopération antiépidémique, promu activement la reprise du travail et de la production, continué de renforcer les échanges humains et culturels pour maintenir la dynamique du développement de haut niveau de la LMC.

La Chine est un proche voisin des cinq pays du Mékong et espère aider les cinq pays à accélérer leur développement grâce à la LMC, et créer conjointement un environnement régional de paix, de stabilité, de développement et de prospérité. La Chine collaborera avec les cinq pays du Mékong pour approfondir la coopération dans les domaines de l’eau, de l’agriculture, de la santé publique, de l’environnement et du bien-être de la population, promouvoir le développement synchronisé de la LMC et du « nouveau Corridor commercial international terre-mer », et renforcer la coopération avec la Stratégie de coopération économique Ayeyawady-Chao Phraya-Mékong (ACMECS), le Programme de la coopération économique de la sous-région du Grand Mékong, la Commission du Mékong (MRC) et d’autres mécanismes, afin d’accélérer la construction de la Ceinture de développement économique pour la Coopération Lancang-Mékong, de donner un nouvel élan au redressement post-épidémique, au développement et à la prospérité de la région, et de contribuer à la construction de la communauté de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) et de l’intégration économique régionale.

Cette année marque le 5e anniversaire du lancement de la LMC. Les Ministères, les départements gouvernementaux et les collectivités locales de la Chine se joindront aux pays du bassin du fleuve Lancang-Mékong pour accueillir conjointement près de 60 activités de célébration variées telles que des conférences, des forums, la diffusion de films et d’émissions télévisées, la revitalisation des régions rurales et des concours d’innovation et d’entrepreneuriat pour les jeunes. Nous invitons les amis de la presse à continuer d’y faire attention.

AFP : Une question sur les sanctions. Hier, un certain nombre de pays occidentaux ont imposé des sanctions contre des responsables du Xinjiang pour la première fois. La Chine craint-elle que l’administration Biden ne parvienne à s’unir avec ses alliés pour créer un « front des démocraties » visant à isoler la Chine ? La Chine adaptera-t-elle sa politique étrangère pour améliorer sa situation ?

Hua Chunying : Hier, il y a eu clairement une action coordonnée de plusieurs pays occidentaux. Si vous nous demandez si nous sommes inquiets, je peux vous dire avec une confiance absolue que nous ne le sommes pas du tout. Les États-Unis, le Royaume-Uni et le Canada ne représentent ensemble que 5,7 % de la population mondiale, et leur population et celle de l’UE combinées ne représentent qu’environ 11%, alors que la population de la Chine représente 1/5 du total mondial. La voix de ces pays ne représente pas l’opinion publique internationale, et leurs positions ne représentent pas non plus celles de la communauté internationale. Ils ont encore moins le droit ou la qualification de représenter la communauté internationale.

Le cercle d’amis de la Chine est en fait en train de s’élargir. Les pays que vous avez mentionnés ne peuvent représenter que les valeurs et les propositions des États-Unis et d’autres pays occidentaux. Leurs pratiques d’intimidation, leur hypocrisie et leurs spectacles en matière de droits de l’homme et de démocratie ont été démystifiés par un nombre croissant de personnes du monde. J’espère qu’ils réfléchiront sur eux-mêmes, qu’ils se verront et verront les autres d’une manière correcte, et qu’ils apprendront à traiter les autres pays sur un pied d’égalité et avec respect. La Chine est d’avis que tous les pays sont égaux au sein de la communauté internationale quelles que soient leurs taille, richesse et puissance. Tous les pays doivent se traiter sur un pied d’égalité et se respecter mutuellement, au lieu de s’ingérer fréquemment dans les affaires intérieures d’autrui sur la base de rumeurs et de mensonges mal intentionnés. Les hommes politiques de ces pays doivent être formés pour mieux détecter les mensonges, respecter les autres et éviter d’élaborer leur politique étrangère fondée sur des rumeurs et des mensonges. En particulier, lorsqu’il s’agit de la République populaire de Chine, membre permanent du Conseil de Sécurité des Nations Unies et grand pays comptant 1,4 milliard d’habitants, ils doivent apprendre à parler et à entretenir des relations avec la Chine sur la base de l’égalité et du respect mutuel.

Vous venez de mentionner le prétendu « front des démocraties ». Je vous suggère de jeter un coup d’œil à la déclaration conjointe publiée aujourd’hui par le Conseiller d’État Wang Yi et le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov sur quelques questions concernant la gouvernance mondiale actuelle, qui mentionne la manière dont nous devons percevoir la démocratie. La démocratie est l’une des réalisations du développement humain. Elle se caractérise par une législation qui garantit que le pouvoir appartient au peuple, c’est-à-dire que les citoyens ont le droit de gérer les affaires de l’État et d’utiliser leur pouvoir de manière légale. Il n’existe pas de norme uniforme pour le modèle démocratique, et le droit légitime des États souverains de choisir indépendamment leur voie de développement doit être respecté. L’ingérence dans les affaires intérieures des États souverains sous prétexte de « promotion de la démocratie » est inacceptable.

En réalité, en quoi la démocratie dans les pays que vous avez mentionnés est-elle supérieure aux autres ? Face à l’épidémie de COVID-19, ces pays qui comptent parmi les plus développés, les plus riches et les plus avancés sur le plan médical dans le monde, comment ont-ils pu voir des centaines de milliers de leurs propres citoyens mourir de l’épidémie sans rien faire ? S’agit-il de la démocratie ? Leur démocratie est-elle pour le peuple ? Alors que les politiciens de ces pays sont occupés à courtiser les électeurs de leur parti, le gouvernement chinois est occupé à servir le peuple de tout cœur. Puisque vous êtes en poste en Chine, vous devriez pouvoir ressentir que la démocratie chinoise est la plus large et la plus vraie des démocraties. Si ces pays veulent parler de la démocratie, ils sont les bienvenus pour venir nous en parler. Toutefois, s’ils entendent jouer le rôle de « donneurs de leçons » en matière de droits de l’homme et de démocratie, réprimander la Chine de manière condescendante, s’ingérer dans les affaires intérieures de la Chine sur la base de rumeurs et de mensonges, voire imposer des sanctions arbitraires à la Chine, nous devrons leur rendre la pareille.

AFP : Hier, le Secrétaire général du Comité central du Parti communiste chinois (PCC) Xi Jinping a échangé un message verbal avec le Secrétaire général du Parti des travailleurs de Corée Kim Jong Un, et le Conseiller d’État et Ministre des Affaires étrangères Wang Yi a rencontré le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov. Vous venez aussi de mentionner que le Ministre Wang Yi effectuerait bientôt une visite dans des pays du Moyen-Orient. La Chine cherche-t-elle également à construire une alliance pour faire face au « front des démocraties » de pays occidentaux ? Si oui, pensez-vous que l’alliance que la Chine construira aura une influence suffisante ?

Hua Chunying : La diplomatie chinoise est fondamentalement différente de celle des États-Unis, du Royaume-Uni, du Canada et de l’UE que vous avez mentionnée. La Chine poursuit la politique étrangère d’indépendance et de paix. Nous pensons que les pays, quelles que soient leur taille et leur force, sont tous des membres égaux dans la communauté internationale. Nous préconisons un nouveau modèle de relations internationales marquées par le non-conflit, la non-confrontation, le respect mutuel et la coopération gagnant-gagnant, et nous promouvons la construction d’une communauté d’avenir partagé pour l’humanité. Cela signifie que les problèmes doivent être discutés par tous et les bénéfices peuvent être partagés par tous. Comme vous pouvez le constater, la Chine a fait d’énormes efforts pour que les vaccins soient à la fois accessibles et abordables dans les pays en développement. Nous nous opposons toujours à la formation de petits clans, au jeu à somme nulle et à la mentalité de guerre froide. Nous pensons que le monde est diversifié et que des pays ayant des systèmes, des histoires et des cultures différents doivent et peuvent parfaitement coexister pacifiquement et réaliser le gagnant-gagnant grâce à la coopération mutuellement bénéfique. Nous n’avons jamais l’intention d’initier et n’avons jamais initié de confrontation, de conflit ou de division. Au contraire, la Chine cherche toujours à promouvoir la construction d’une communauté d’avenir partagé pour l’humanité. Nous pensons que ceux qui pratiquent la politique des blocs en formant des clans appliquent en fait un « pseudo-multilatéralisme ». La Chine défend le véritable multilatéralisme où chaque pays jouit de son droit légitime au développement, où tous les membres de la communauté internationale participent à la gouvernance mondiale sur un pied d’égalité et où tous les pays peuvent réaliser son développement national. Ce véritable multilatéralisme signifie également que la coopération entre les pays peut faire du monde un endroit plus pacifique où l’humanité continue de progresser.

Je suis convaincue que les petits clans et la politique des blocs, qui vont à l’encontre de la tendance de l’histoire, sont impopulaires. En réalité, parmi les alliés des États-Unis, à l’exception du Canada et du Royaume-Uni que vous avez mentionnés, tous ne suivent pas aveuglément les États-Unis. Certains pays de l’UE sont contraints de le faire. Le Ministre hongrois des Affaires étrangères Péter Szijjártó a dit ouvertement que les sanctions sur la Chine étaient nuisibles et inutiles. Les dirigeants, les hommes politiques et les diplomates qui sont vraiment sages et engagés à servir leur peuple ne suivront pas aveuglément ce genre d’alliance. De nombreux pays de notre région appellent à une coexistence pacifique entre la Chine et les États-Unis et à une relation sino-américaine saine et stable. C’est l’aspiration commune des peuples chinois et américain et l’attente commune des peuples du monde entier.

Nous espérons que les pays concernés pourront appréhender le développement de la Chine de manière correcte et rationnelle, suivre la tendance de l’époque et rejeter la mentalité de guerre froide. Travailler ensemble pour une vie meilleure, c’est la démocratie au sens propre du terme et c’est la responsabilité réelle envers le peuple.

BBC : Vous venez de mentionner le « nationalisme vaccinal ». La Chine exige que les personnes entrant sur son territoire se soient fait inoculer un vaccin chinois contre la COVID-19, alors qu’il y a peut-être encore des pays qui ont des difficultés à acquérir les vaccins produits par la Chine. Certains disent que c’est aussi un « nationalisme vaccinal ». Quelle est la réponse de la Chine à cela ?

Hua Chunying : Le vaccin est une arme puissante contre le virus et un espoir pour sauver des vies. Tous les vaccins sûrs et efficaces sont bons, qu’ils soient chinois ou non. La Chine n’a jamais demandé à tout le monde de se faire inoculer un vaccin chinois. Les vaccins sont des matériels rares, et nous en avons en fait nous-mêmes un grand besoin. Si la Chine est disposée à les partager avec tout le monde, à fournir de l’assistance à plus de 60 pays, à faciliter l’achat de vaccins pour plus de 40 pays ou à vacciner les étrangers en Chine, c’est parce qu’elle fait de son mieux pour répondre à leurs besoins et leur offrir une aide dans la limite de ses capacités.

Pour rétablir les voyages internationaux de manière ordonnée, la Chine fournit des facilités de visa aux étrangers qui se sont fait inoculer un vaccin chinois contre la COVID-19 et détiennent un certificat de vaccination. Il s’agit d’une exploration et d’une tentative bénéfiques en vue de faciliter les échanges humains transfrontaliers après la vaccination à grande échelle en prenant pleinement compte de la sécurité et de l’efficacité. La Chine a proposé l’année dernière que les divers pays mènent des discussions sur l’élaboration d’un mécanisme international de reconnaissance mutuelle des certificats de santé. Sur la base d’une pleine prise en compte des préoccupations de part et d’autre et des consultations amicales, nous sommes disposés à conclure des accords mutuellement bénéfiques avec toutes les parties afin de construire une nouvelle mobilité humaine fluide, saine, sûre et ordonnée.

BBC : Cela signifie-t-il qu’à l’avenir, les personnes ayant reçu un vaccin produit par d’autres pays pourront également entrer en Chine ? Si oui, quand cela se réalisera-t-il ?

Hua Chunying : Cette question doit être traitée par des experts. La Chine est prête à discuter avec d’autres pays de l’élaboration de mécanismes réciproques flexibles et diversifiés sur la base d’une pleine prise en compte des préoccupations de part et d’autre et des consultations amicales. En ce qui concerne le contenu de la reconnaissance mutuelle et les mesures réciproques en la matière, la Chine a une position ouverte et prendra des dispositions appropriées conformément aux avis des experts après des délibérations.

En réalité, la Chine est en train d’étudier avec les pays concernés des arrangements réciproques sur la vaccination contre la COVID-19 en faveur de leurs personnels concernés respectifs. Tant que cela permet de favoriser la prévention et le contrôle de la pandémie et de faciliter les échanges humains, nous y sommes toujours ouverts et positifs.

Global Times : Selon des reportages, Amnesty International a publié un rapport selon lequel la Chine a séparé de force des familles ouïgoures en envoyant des enfants en bas âge dans des internats. L’organisation a appelé la Chine à libérer tous les enfants ouïgours détenus sans le consentement de leur famille. Selon certains reportages des médias américains, le Xinjiang crée une « ségrégation entre générations » à travers des internats. Quelle est la réponse de la Chine à ce sujet ?

Hua Chunying : Nous savons tous clairement quel genre d’organisation est Amnesty International. Mais je crois que cette organisation avait recours à une carte erronée lorsqu’elle fabriquait ce mensonge, car la soi-disant « séparation forcée des familles » n’a pas lieu dans le Xinjiang en Chine, mais aux États-Unis.

Dès le XIXe siècle, les États-Unis ont commencé à pratiquer la « politique d’assimilation » à l’égard des Indiens. Les enfants et les jeunes indiens ont été assimilés aux cultures européennes et américaines dans les « internats indiens ». Les enfants en bas âge dans ces internats ont été forcés d’abandonner leur identité et leur culture autochtones. Ils étaient obligés d’utiliser des noms et prénoms européens, étaient interdits d’utiliser la langue indigène et étaient forcés de se séparer de leur famille.

Récemment, la politique d’immigration dite « tolérance zéro » appliquée par l’administration américaine a conduit à la séparation de nombreux enfants de leurs parents et de leurs frères et sœurs. Selon des reportages des médias américains, jusqu’au 20 mars 2021, les États-Unis avaient détenu à la frontière américano-mexicaine plus de 15 000 immigrés clandestins mineurs sans accompagnement. Depuis 2018, 24 immigrants, dont 7 enfants, sont morts alors qu’ils étaient détenus dans des hospices à la frontière américaine.

Je pense que tous ceux qui connaissent un peu la région autonome ouïgoure du Xinjiang savent qu’elle est une vaste région qui représente un sixième de la superficie chinoise. C’est 3 fois la superficie de la France, quelque 5 fois celle de l’Allemagne et presque 7 fois celle du Royaume-Uni. C’est quasiment 1,5 fois la superficie combinée du Royaume-Uni, de la France et de l’Allemagne. Dans une région aussi étendue caractérisée par de très longues distances entre les villes et les villages, les élèves ont du mal à se rendre à l’école, alors qu’il est aussi un lourd fardeau pour les parents d’accompagner leurs enfants à l’école et les ramener à la maison après les cours. La difficulté est plus importante pour ceux qui vivent dans des zones pastorales éloignées. Afin de résoudre ce problème, le gouvernement de la région autonome ouïgoure du Xinjiang a considéré la construction des internats comme une tâche prioritaire pour la construction normale des écoles de l’éducation obligatoire et le développement équilibré de la scolarité obligatoire. En coordonnant l’accès facile à l’école et la concentration des ressources éducatives, le gouvernement local a efficacement résolu la scolarisation des enfants des zones pastorales éloignées, ce qui contribue à la modernisation de l’éducation des écoles primaires et secondaires des ethnies minoritaires tout en promouvant l’interaction et la communication entre les différentes communautés ethniques au Xinjiang. Les élèves et leurs parents sont libres de choisir de s’inscrire ou non’ en internat. Les écoles n’ont jamais restreint les contacts entre les élèves et leurs parents. Les élèves rentrent chez eux tous les week-ends, pendant les jours fériés ainsi que pendant les vacances d’hiver et d’été. À l’école, si nécessaire, ils peuvent contacter leurs parents et demander un congé pour rentrer à la maison à tout moment. Ces écoles n’ont aucune différence fondamentale des internats dans d’autres régions de la Chine et des autres pays du monde. Il y a aussi des internats à Beijing, parce que c’est une grande ville. Les internats existent également au Royaume-Uni. S’il y a des différences entre eux, les internats britanniques sont pourtant notoirement chers, alors que ceux du Xinjiang accueillent des enfants issus des familles moyennes.

Certaines forces antichinoises nourrissent une intention sinistre en répandant des mensonges sur la soi-disant « séparation des familles » et en déformant la réalité de la scolarisation normale de ces enfants. Le bureau de CNN à Beijing vient de nous envoyer une liste des questions sur un couple ouïgour qui s’est rendu en Italie avec trois enfants en 2016. Ce couple vit actuellement dans la province de Latina en Italie avec ces trois enfants. Avant leur départ pour l’Italie en 2016, ils ont laissé leurs quatre autres enfants au Xinjiang. J’ai été assez étonnée quand j’ai lu la liste des questions. S’il y existe vraiment la « stérilisation forcée » et le « génocide » au Xinjiang comme le prétendent certains médias, politiciens et chercheurs occidentaux, comment ce couple ouïgour peut-il avoir sept enfants ?!

Mentir n’est pas une source de fierté, mais un acte honteux. J’exhorte les institutions et les personnalités concernées à abandonner leurs préjugés contre la Chine, car de tels « filtres » sont malveillants. Nous espérons qu’ils arrêteront de diffuser de fausses informations et considéreront la Chine de façon véritable, objective et juste.

Reuters : la Chine et l’UE ont pris des sanctions l’une contre l’autre. Cela affectera-t-il l’Accord d’investissement Chine-UE ?

Hua Chunying : La Chine est engagée à développer ses relations avec l’UE. Nous sommes pour la coopération et contre la confrontation. Néanmoins, nous sommes fermement déterminés à sauvegarder nos intérêts légitimes. L’UE ne doit pas chercher la coopération pour en tirer des avantages, et en même temps prendre des sanctions nuisant aux droits et aux intérêts de la Chine. Cela n’est ni justifiable ni viable. L’UE doit réfléchir sur elle-même, cesser la confrontation et maintenir un développement sain et régulier des relations Chine-UE par des mesures concrètes.

China Daily : Le 22 mars, la session inaugurale de la 9e législature de l’Assemblée nationale du Laos a eu lieu à Vientiane et a élu le Secrétaire général du Comité central du Parti révolutionnaire populaire lao (PRPL), Thongloun Sisoulith, au poste de président du pays. La Chine présente-t-elle ses félicitations ? Avez-vous des commentaires sur les relations Chine-Laos ?

Hua Chunying : Récemment, une nouvelle direction centrale a été élue avec succès au Laos, avec le Secrétaire général Thongloun Sisoulith qui a été élu Président. La Chine adresse ses félicitations à cet égard. Nous croyons que, dirigé par la nouvelle direction centrale, le Laos obtiendra de plus grands succès dans le développement du Parti et du pays.

En tant que pays voisins et amis reliés par des montagnes et des rivières, la Chine et le Laos forment une communauté d’avenir partagé partageant bonheurs et malheurs. Cette année marque le 60e anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques sino-laotiennes ainsi que l’Année d’amitié entre les deux pays. La Chine espère travailler avec le Laos pour mettre en œuvre le consensus important conclu entre les plus hauts dirigeants des deux pays, multiplier continuellement la communication stratégique, approfondir la coopération stratégique globale et porter la cause de la construction d’une communauté d’avenir partagé sino-laotienne à un nouveau palier.

Reuters : Selon le média américain AXIOS, les services de renseignement américains estiment que les États-Unis devront travailler avec les pays latino-américains pour résister ensemble aux actes commerciaux de la Chine dans la région, tels que la pêche hauturière. Quels sont les commentaires de la Chine à ce sujet ?

Hua Chunying : Tout le monde connaît bien la nature des services de renseignement américains. À l’époque, un tube de lessive en poudre et une vidéo montée de l’organisation des « Casques blancs » ont suffi à justifier les attaques des États-Unis contre les pays souverains, d’où on voit la crédibilité des renseignements américains.

Quant aux politiques chinoises en matière de pêche hauturière, nous avons présenté à maintes reprises nos principes et positions concernés. La Chine est intègre et cherche le gagnant-gagnant dans le développement de ses relations avec les pays latino-américains. Les entreprises chinoises concernées observent la loi et les règlements. Nous espérons que la partie américaine pourra regarder la Chine de façon objective et raisonnable, au lieu de traiter toujours les affaires liées à la Chine dans une vision de confrontation et d’hostilité.

Bloomberg : En réponse aux sanctions de l’UE sur des individus et entités chinois concernés, la Chine a annoncé des contre-sanctions sur 10 individus et 4 entités de l’UE. Pourriez-vous présenter les détails des sanctions chinoises ?

Hua Chunying : La déclaration du Ministère des Affaires étrangères d’hier soir en a donné une explication très claire. Face aux sanctions unilatérales prises par l’UE sur des individus et entités chinois sous prétexte de questions des droits de l’homme au Xinjiang et en se basant sur des mensonges et de fausses informations, la partie chinoise a annoncé la décision de sanctionner les individus et entités concernés de l’UE. Il est interdit aux personnes concernées et à leurs familles d’entrer dans la partie intérieure de la Chine, et dans les Régions administratives spéciales de Hong Kong et de Macao. Eux et les entreprises et institutions impliquées sont également interdits d’avoir des échanges avec la Chine.

Bloomberg : Selon un reportage de l’Agence de presse Xinhua publié hier, la Chine a affirmé auprès de la République populaire démocratique de Corée (RPDC) sa volonté de maintenir, consolider et développer ses relations avec la RPDC. Quels sont les commentaires du Ministère des Affaires étrangères à ce sujet ? La Chine estime-t-elle qu’il est temps de discuter de la question des sanctions américaines imposées à la RPDC ?

Hua Chunying : La Chine et la RPDC sont des pays voisins et amis liés par des montagnes et des eaux. Maintenir, consolider et développer les relations entre la Chine et la RPDC constituent une politique inébranlable du PCC et du gouvernement chinois. La Chine est disposée à travailler avec la RPDC pour mettre en œuvre l’important consensus auquel sont parvenus les plus hauts dirigeants des deux pays afin de promouvoir les relations bilatérales en vue d’un meilleur développement.

La Chine est toujours d’avis que des sanctions et des pressions arbitraires ne résoudront aucun problème. Nous avons appelé à plusieurs reprises le Conseil de Sécurité des Nations Unies à prendre en considération l’évolution de la situation dans la Péninsule coréenne et à activer au plus tôt possible les dispositions réversibles des résolutions relatives à la RPDC, de sorte à réaliser des modifications nécessaires sur les sanctions prises par les résolutions, notamment les sanctions qui touchent au bien-être de la population. Cela est conforme à l’esprit des résolutions et permettra d’améliorer la situation humanitaire et le bien-être en RPDC, ainsi que de créer des conditions favorables et d’injecter une dynamique au règlement politique de la question de la Péninsule coréenne.

Shenzhen TV : Selon divers médias, le Dirigeant suprême de l’Iran, l’ayatollah Ali Khamenei, a déclaré le 21 mars dans un discours télévisé que l’Iran avait une position claire dans la reprise de l’application de ses engagements dans le cadre du Plan d’action global commun (PAGC-JCPOA) : les États-Unis doivent lever toutes leurs sanctions, et après l’avoir constaté, l’Iran renouera avec tous ses engagements dans le cadre du PAGC-JCPOA. Quels sont les commentaires de la Chine à ce sujet ?

Hua Chunying : La question nucléaire iranienne se trouve actuellement à un moment critique. La priorité absolue pour le moment est que les États-Unis reviennent au PAGC-JCPOA dès que possible et lèvent les sanctions concernées, et que l’Iran reprenne l’application de ses engagements afin de remettre ensemble le PAGC-JCPOA sur les rails. La Chine espère que toutes les parties agiront avec la plus grande urgence et avanceront dans le même sens, en s’efforçant d’atteindre un consensus sur certaines étapes initiales dans les plus brefs délais et d’ouvrir le processus de la reprise de l’application des engagements par les États-Unis et l’Iran. La Chine continuera à travailler activement à cette fin avec toutes les parties concernées.

BBC : Dans votre réponse à la question concernant les sanctions imposées par l’UE à la Chine, vous avez énuméré de graves crimes commis dans le passé par des pays occidentaux en matière de violation de droits de l’homme. Mais les historiens diraient qu’un pays ne devrait pas se justifier par les violations des droits de l’homme commises autrefois par d’autres pays. La Chine croit-elle qu’elle peut faire comme ça puisque ces pays avaient violé les droits de l’homme ? Quelle est la réponse de la Chine à ce sujet ?

Hua Chunying : J’ai compris la logique de votre question. Mais il y a une différence substantielle entre les deux et ce sont des choses complètement différentes. Comme vous l’avez reconnu, les graves violations de droits de l’homme commises par ces pays que je viens d’énumérer sont des faits, alors que les accusations lancées par les États-Unis, le Royaume-Uni, le Canada et l’UE contre la région chinoise du Xinjiang ainsi que leurs sanctions imposées aux institutions et individus concernés de la région sont bel et bien basées sur des mensonges et de fausses informations. Nous avons déjà présenté maintes fois la situation réelle au Xinjiang avec des faits. Malheureusement, certains politiciens et médias de ces pays ont choisi de croire des rumeurs et mensonges concoctés par le chercheur antichinois Adrian Zenz et ses semblables, en ignorant totalement que ces prétendus faits sont complètement basés sur de faux « documents internes », des « déclarations de victimes » et des informations de sources inconnues. Ils sont allés jusqu’à mal interpréter et à déformer les documents et données officiels de la Chine hors de leur contexte. Vous pourrez demander aux journalistes de CNN, qui ont posé une question selon laquelle un couple du Xinjiang avait emmené leurs trois enfants en Italie en 2016, mais avait laissé quatre autres enfants au Xinjiang. Cela constitue lui-même une gifle pour les gens qui accusent la Chine de la « stérilisation forcée » et du « génocide » au Xinjiang. Il est vraiment surprenant que des gens croient ces fausses informations absurdes et élaborent même des politiques étrangères sur cette base ! Quel dommage !

Vous êtes allé au Xinjiang, tout comme nombre de vos collègues. Le Xinjiang est ouvert. Comme je viens de le dire, l’histoire de la région chinoise du Xinjiang ne mérite-t-elle pas d’être saluée comme l’une des histoires les plus réussies en matière de droits de l’homme ? Quiconque est allé au Xinjiang se rendra compte à quel point ces gros mensonges du siècle inventés par certains médias et chercheurs antichinois occidentaux sont ridicules. Nous invitons toutes les personnes impartiales à visiter le Xinjiang pour écouter la voix des groupes ethniques du Xinjiang et apprendre leurs sentiments sur leur vie. Mais nous rejetons fermement toute présomption de culpabilité de manière condescendante.

Ainsi, les deux choses que vous avez mentionnées sont par nature complètement différentes et ne peuvent pas être mentionnées dans le même souffle. Les accusations de ces pays contre la Chine sont totalement basées sur des mensonges et de fausses informations. Pour cette raison, ils ne sont pas du tout en mesure de porter des accusations de manière condescendante contre la Chine. Ils regretteront sûrement leur arrogance et leur bêtise.

Je tiens également à dire qu’actuellement, certains pays ont de graves malentendus sur la question du Xinjiang. Je ne sais pas quel rôle les journalistes étrangers en Chine ont joué à cet égard. Si vous pouviez relater de façon plus objective la situation réelle au Xinjiang, une série de livres blancs publiés par la partie chinoise, les 30 conférences de presse spéciales tenues par le gouvernement du Xinjiang et ce que les habitants du Xinjiang ont dit, au lieu de faire des reportages sélectifs, aurait-il pu y avoir moins de malentendus sur la situation au Xinjiang ? C’est une question à laquelle vous devez réfléchir. Je voudrais également avoir de plus amples discussions à ce sujet avec vous.

BBC : Étant donné que le Canada, les États-Unis et le Royaume-Uni ont tous exprimé leur soutien aux sanctions contre la Chine, la Chine prendra-t-elle de nouvelles contre-mesures contre ces pays ?

Hua Chunying : La Chine exhorte les parties concernées à prendre conscience de la gravité de cette erreur, à s’examiner elles-mêmes, à corriger leurs erreurs, et à cesser de se prendre pour des donneurs de leçon en matière de droits de l’homme, de manipuler le « deux poids deux mesures » hypocrite, de s’ingérer partout dans les affaires intérieures d’autres pays et d’aller plus loin sur cette voie erronée. Les faits sont déjà très clairs. Il ne s’agit en aucun cas là d’une question de droits de l’homme. Leur véritable objectif est de ne pas laisser le peuple chinois vivre une vie heureuse et de ne pas permettre au peuple chinois de jouir de la sécurité, de la stabilité, du développement et de la prospérité. Ils veulent justement fabriquer la prétendue « question du Xinjiang » pour contraindre le développement de la Chine et saper la sécurité et la stabilité de la Chine. De telles tentatives ne peuvent être que de pures illusions. Nous espérons qu’ils pourront s’en rendre compte le plus tôt possible et ne pas aller plus loin sur la voie erronée, sinon ils laisseront une marque très honteuse dans l’histoire.

La Chine espère développer des relations saines et stables avec les autres pays dans un esprit d’égalité et de respect mutuel et mener une coopération mutuellement avantageuse et gagnant-gagnant avec eux. Notre coopération devra avoir des perspectives brillantes. Cependant, ne sous-estimez jamais la ferme détermination et la volonté résolue de la Chine de protéger sa souveraineté, sa sécurité et ses intérêts de développement. La Chine d’aujourd’hui n’est plus celle d’il y a 120 ans où les États-Unis et quelques pays occidentaux pouvaient forcer la Chine à céder, à faire des compromis et à se rendre par de simples rumeurs, mensonges, diffamations, calomnies, attaques et endiguements. De tels jours sont à jamais révolus. Je doute qu’ils aient la capacité d’étouffer la Chine, et je crois qu’ils finiront par perdre et par payer un lourd tribut pour leur ignorance et leur arrogance. La Chine a une détermination indéfectible à sauvegarder la souveraineté et la dignité nationales. Elle réagira de façon légitime et juste aux pays qui s’obstinent à s’ingérer arbitrairement dans les affaires intérieures de la Chine et nuisent aux intérêts de la Chine.

Je crois que vous pouvez aussi le ressentir en Chine. Quand vous interviewez dans les rues de Wuhan et de Beijing, les habitants sont tous très gentils avec vous, n’est-ce pas ? Je pense que les peuples ont toujours des sentiments amicaux les uns pour les autres, et que les Chinois sont toujours gentils et ouverts. Nous invitons tous les amis étrangers à se faire des amis avec le peuple chinois, mais nous rejetterons fermement toute accusation, calomnie et attaque sans fondement contre la Chine et nous nous y opposons résolument, et nous lutterons résolument contre toute parole et tout acte qui portent atteinte à la souveraineté, aux intérêts, à l’honneur et à la dignité de la Chine.

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